E. Tchitchvarkine, enfant terrible de la téléphonie mobile

En août, les prix des téléphones mobiles ont augmenté de 30 à 40 % sur le marché russe, tendance qui devrait se poursuivre selon nombre d’experts. Evgueni Tchitchvarkine, directeur d’Evroset, n’a pas tardé à réagir et comme d’habitude, sa prise de position a été radicale.

La police russe a récemment confisqué 200 000 téléphones portables introduits en fraude sur le territoire russe. La crise déclenchée par cet événement a touché tous les grands détaillants de téléphones, qui font largement appel aux services d’importateurs « illégaux ». Selon Mobile Research Group, le volume du marché « semi-noir » de téléphones portables en Russie représente 5 % du total. La seule société qui semble avoir réussi à profiter de cette situation est le réseau Evroset. Son dirigeant Evgueni Tchitchvarkine a aussitôt annoncé son intention de devenir un importateur direct de téléphones portables, afin d’assurer un approvisionnement plus rapide tout en gardant des prix plus bas que chez ses concurrents. M. Tchitchvarkine n’en est pas à son premier coup médiatique. Tout au long de sa carrière, il n’a fait qu’étonner, choquer et attirer l’attention.

Il ne met sa cravate que pour aller dîner dans un restaurant chic en France. Pour son bureau en Russie, il préfère les pantalons multicolores et les tee-shirts criards. Il n’hésite pas à insérer des gros mots dans ses slogans publicitaires ni à pendre au plafond de son bureau un mannequin symbolisant un vendeur malhonnête. Pour impressionner ses visiteurs, il fait couvrir le plancher de billets artificiels de 200 euros et accroche au mur un tableau intitulé Expulsion de Jésus d’un hypermarché. Et lorsqu’il promet un nouveau modèle de Motorola à toute personne arrivant toute nue dans l’une de ses boutiques, les volontaires arrivent si nombreux qu’ils sont obligés de patienter dans leur plus simple appareil.

Ancien vendeur de jeans contrefaits sur l’un des plus grands marchés aux puces de Moscou, M. Tchitchvarkine ouvre en 1997 une petite boutique de téléphones portables aux prix assez élevés. Quelques années plus tard, il change complètement la conception de sa société et commence à distribuer des appareils accessibles à un public très large.

Aujourd’hui, Evroset compte 2030 points de vente répartis dans 82 régions russes, en Ukraine et au Kazakhstan. Sur les huit premiers mois de l’année 2005, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 1,4 milliards de dollars, dépassant de trois fois celui de la même période en 2004.

Pour devancer ses concurrents, M. Tchitchvarkine n’hésite ni à réduire ses prix – même s’il ne s’agit que de 8 roubles de moins – ni à exiger des contrats exclusifs de la part de ses fournisseurs. S’il ne parvient pas à se mettre d’accord avec ces derniers, il interdit à ses vendeurs sous peine de licenciement d’avoir les téléphones de la marque en question, et fait installer tous les appareils de la marque au fond des magasins. Samsung a subi ce type de traitement.

Depuis quelque temps, E. Tchitchvarkine ne porte plus au cou son portable en or de marque Vertu, qui lui a coûté 14 000 dollars. Se serait-il assagi ? Pas vraiment. Il se sert désormais d’un des plus vieux modèles de Motorola et explique dans une interview à C-News (datant du 23 novembre 2004) : « j’aime bien sa simplicité. Il m’est indispensable lorsque je veux jeter un truc à la tête d’un interlocuteur qui ne me plaît pas ».

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