Liberté et sensualité

Si vous vous imaginez qu’on se contente de danser dans un festival de danse contemporaine, il est temps de changer d’avis : on y chante, on y crie, on y chuchote, on y fait du théâtre et l’on y excelle en acrobaties. Pour admirer ce mélange explosif, il convient d’assister à au moins un des spectacles du festival international DanceInversion qui se déroulera à Moscou du 2 au 20 novembre.

Les Ballets C. de la B. (Les Ballets Contemporaine de la Belgique), l’une des trois principales compagnies de Flandre, y présentera son spectacle Import/Export, représentation audiovisuelle, anarchique et éclectique contant l’impuissance de l’être face à la mort. La musique baroque française s’y accorde à merveille avec les rythmes électroniques de Sam Serruys et la voix tranchante de Steve Dugardin. Ce puzzle étonnant plonge le spectateur dans le chaos de sentiments divers, émouvants et amusants tout ensemble. Le fondateur de la compagnie, Alain Platel, préfère la nommer : « théâtre de mouvement » et choisit la provocation comme principal vecteur de son développement. Le nom de la troupe confirme cette idée : riposte frivole et légère aux conflits communautaires qui secouent la Belgique depuis les années 80, Les Ballets Contemporains de la Belgique représentent le meilleur des exemples de « mauvais français ».

Autre compagnie qui mérite le détour : les burkinabés Cie Salia Nï Seydou de Salia Sanou et Seydou Boro qui ont débuté leur carrière artistique en France, aux côtés de Mathilde Monnier. Sortir des stéréotypes de l’exotisme, prouver que le danse africaine n’est pas « folklorique », mais parfaitement contemporaine, vivante et naturelle : tels sont les objectifs que s’est fixée la troupe de Cie Salia Nï Seydou. Et ils y parviennent sans peine. Selon Salia Sanu, le spectacle Weelini qui sera présenté à Moscou, propose au spectateur un voyage dans son inconscient, un petit tour dans les bas-fonds de son âme, un parcours dans les couloirs obscurs de son monde intérieur. Il ne s’agit pas d’une invitation polie, mais d’un véritable « appel » – traduction du titre en français – long et insistant qui s’adresse à nos pulsions cachées et éveille nos sentiments primaires. Djembés d’Afrique de l’ouest, mélodies folkloriques de Mandigo et percussions mélodiques du Maroc créent ensemble un espace idéal pour la danse de Cie Salia Nï Seydou, parfois frénétique, parfois sensuelle, inspirée toujours par la seule quête effrénée d’une langue universelle.Les ballets C. de la B.
Le 8, le 9 et le 10 novembre
Théâtre Stanislavski
17, rue Bolchaïa Dmitrovka
Métro Pouchkinskaïa
Tél. : + 7 (495) 723-73-25
http://stanmus.com/Compagnie Salia nï Seydou
Le 2 et le 3 novembre
Centre Meyerhold
23, rue Novoslobodskaïa
Métro Mendeleevskaïa
Tél. : +7 ( 363 ) 10 48

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