Russie : environ 500 manifestants arrêtés

Des rassemblements de l’opposition se sont tenus lundi 5 mars à Moscou et Saint-Pétersbourg suite à la réélection de Vladimir Poutine pour un troisième mandat à la présidence du pays le 4 mars. De nombreuses arrestations ont eu lieu dans ces deux villes.


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Des rassemblements de l’opposition se sont tenus lundi 5 mars à Moscou et Saint-Pétersbourg suite à la réélection de Vladimir Poutine pour un troisième mandat à la présidence du pays le 4 mars. De nombreuses arrestations ont eu lieu dans ces deux villes.

Manifestation

Moscou

L’opposition russe avait choisi la place Pouchkine pour la tenue de son dernier rassemblement qui a regroupé 14 000 personnes selon la police. Différents opposants politiques étaient présents, parmi eux le candidat et oligarque Mikhaïl Prokhorov, Sergueï Oudaltsov, Ilya Yashin ou encore le blogueur Alexeï Navalniï.

La police n’est intervenue qu’à partir de 21 heures, lorsque certains manifestants ont refusé de quitter les lieux : en effet, Sergueï Oudlatsov a appelé ses partisans à rester et à continuer de scander des slogans anti-Poutine alors que l’évènement était clos. 250 personnes ont ainsi été arrêtées selon l’agence de presse Interfax, dont Sergueï Oudaltsov, Ilya Yashin et Alexeï Navalniï.

Une seconde action de l’opposition a quant à elle échoué sur la place Loubianka. Elle était menée par l’écrivain Edouard Limonov, à la tête de la coalition L’autre Russie, qui avait annoncé, et ce malgré l’interdiction de la mairie de Moscou, de « rassembler 2 000 de ses partisans et de se diriger ensuite vers la commission électorale russe ».

Cent journalistes et deux cent policiers attendaient la venue de E. Limonov, qui, à l’instar des autres manifestants, a reçu un accueil musclé de la part de quatre policiers anti-émeutes. Selon la police, 50 autres partisans ont été arrêtés, alors que la coalition avance un chiffre de 100 interpellations.

Saint-Pétersbourg

Des manifestants rassemblés sur la place Saint-Isaac à Saint-Pétersbourg ont protesté contre le score de l’ancien Premier ministre enregistré dans cette ville où, selon les sources officielles, 58.77% des voix lui ont été attribuées.

« Même à Moscou, il a obtenu moins de voix ! », a-t-on entendu place Saint-Isaac. Les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation de manifestants dès que les premiers slogans « La Russie sans Poutine »  ont été lancés. La tension s’est ensuite accrue très rapidement : « C’est la guerre ! », a lancé l’un des activistes, alors que non loin de lui brûlait une voiture de police incendiée par un cocktail molotov.

Selon Interfax, 270 manifestants ont été arrêtés au cours du rassemblement et près de 800 personnes étaient présentes d’après les autorités.

Libération rapide des opposants

Au lendemain de cette journée de mobilisation et à la suite de la libération de tous les opposants moscovites, Sergueï Oudaltsov a déclaré à Interfax que les deux autres rassemblements de l’opposition prévus pour les 8 et 9 mars à Moscou seraient annulés.

« La mairie de Moscou n’a pas accepté notre demande concernant la tenue d’un rassemblement sur la place Arbatskaïa. Les propositions de la ville de Moscou ont quant à elles été rejetées par nos membres », a précisé Oudaltsov. Les négociateurs pourraient ainsi renoncer à ces deux évènements en faveur d’une seule date, fixée pour l’instant au 10 mars.