Corruption, sanctions, inflation… Dmitri Medvedev dresse le bilan 2016

5,5%, c’est le taux de l’inflation en Russie à l’issue de l’année 2016


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Jeudi 15 décembre, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, à l’occasion de sa traditionnelle interview de fin d’année aux correspondants de cinq chaînes télévisées nationales (VGTRK, Pervy Kanal, NTV, RBC et Dojd), a fait le bilan de l’année 2016 en Russie. En voici les extraits les plus marquants.

Dmitri Medvedev
Dmitri Medvedev lors de son interview, jeudi 15 décembre. Crédits : gov.ru

Sur l’arrestation du ministre de l’économie Oulioukaïev et la corruption

Les accusations visant Alexeï Oulioukaïev sont un événement tout à fait regrettable. Son renvoi n’est pas un aveu de culpabilité, il est seulement lié à une perte de confiance. Jusqu’à ce que la justice prenne sa décision, il n’est pas question de parler ni de la culpabilité ni de l’innocence de M. Oulioukaïev.

Depuis le début de l’année 2016, 50 000 affaires de corruption ont été portées devant les tribunaux en Russie, dont 1 000 concernant des maires et 1 300, des députés de différents niveaux.

La lutte contre la corruption, ce n’est pas un spectacle – c’est un travail systématique. Si certains sont jugés et d’autres non, c’est simplement que contre les seconds, il n’y pas de preuves.

Sur les élections législatives de 2016

Le faible taux de participation aux élections n’est pas une réponse des Russes à l’absence de réelle concurrence lors des scrutins, c’est un phénomène typique pour l’ensemble des pays européens. En Europe, en moyenne, 45 % à 50 % des électeurs vont voter ; en Russie, la participation a été de 48 %.

Sur les relations russo-américaines

Ce sont les Américains qui sont responsables de la dégradation de nos relations.

Donald Trump est un pragmatique, un homme qui évite les déclarations pompeuses sur l’amitié avec la Russie, il souhaite des relations normales, correctes avec tout le monde. Et construire de telles relations relève de l’intérêt mutuel de nos deux pays.

L’équipe du nouveau président réunira d’autres pragmatiques, dénués de « stéréotypes anti-russes congénitaux ». Rex Tillerson, probable futur Secrétaire d’État, est de ceux-là.

Dmitri Medvedev
Dmitri Medvedev s’adressant aux journalistes de VGTRK, Pervy Kanal, NTV, RBC et Dojd, jeudi 15 décembre. Crédits : gov.ru

Sur la censure sur Internet

Internet n’est ni le Bien, ni le Mal – c’est un fait de notre temps. C’est une source de savoirs, utiles et inutiles, parfois fortement nuisibles. C’est une chose qui nous entoure, qu’il faut utiliser si on le désire, mais dans le respect de la loi.

Sur les sanctions

Tôt ou tard, cette page se tournera, et laissera place nette à la concurrence.

Sur la menace terroriste

L’armée et les forces de l’ordre protègent nos frontières et notre stabilité intérieure, la Russie ne subit pas le terrorisme comme le subissent l’Europe et le Proche-Orient, les Russes savent cela et l’estiment.

Sur les impôts

Depardieu n’est toujours pas parti, et Seagal est arrivé. Je pense que tout se passera bien aussi pour Ornella Muti, si elle s’en tient à la décision qu’elle a prise.

Poutine Steven Seagal
Le 25 novembre, Vladimir Poutine a remis un passeport russe à l’acteur américain Steven Seagal. Crédits : kremlin.ru

Bilan Medvedev en chiffres

5,5%, c’est le taux de l’inflation en Russie à l’issue de l’année 2016. Jamais ce chiffre n’avait-il été aussi bas dans l’histoire du pays, souligne Medvedev. Le niveau devrait baisser encore l’année prochaine, jusqu’à 4 % environ, assure-t-il.

250 milliards de roubles, c’est ce qui a été investi en deux ans dans l’industrie russe, dans le cadre du programme étatique de substitution aux importations suite aux sanctions. Cet argent a permis de garantir la croissance de toute une série de branches : l’industrie chimique, celle du bois et celle de la cellulose et du papier.

65 à 70 %, c’est la part de la demande intérieure en médicaments que satisfait aujourd’hui la production nationale russe. Récemment encore, la Russie était « accro aux médicaments occidentaux » ; ce n’est plus le cas désormais, selon Medvedev.

118 millions de tonnes, c’est la récolte de céréales record que la Russie a obtenu en 2016.

3 250 milliards de roubles, c’est le budget de la santé prévu pour 2019. Ce dernier, de 2 600 milliards de roubles actuellement, ne se réduit pas – il augmente.

1000 milliards de roubles, c’est ce que la privatisation de Bashneft et Rosneft a rapporté au gouvernement russe – un chiffre supérieur aux prévisions.

23 % et 24 %, ce sont les pourcentages respectifs des dépenses consacrées à la santé et aux forces de sécurité dans le budget consolidé : ils sont à peu près équivalents.