Zapping 2016 : les artistes russes à retenir

Rétrospective


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Musique, cinéma, street art… cinq artistes ayant marqué 2016 dans Le Courrier de Russie.

Khadija, le journal d’une kamikaze

Marina Akhmedova
La journaliste russe Marina Akhmedova. Crédits : Emil Khalilov.

Les éditions Louison ont publié en 2016 la première traduction française d’un roman de la journaliste russe Marina Akhmedova, lauréate du Prix du journalisme 2015 du Courrier de Russie : Khadija, le journal d’une kamikaze. Notre critique littéraire, Julia Breen, recommande : « Journal d’une kamikaze : le tableau est posé dès l’entrée, l’issue connue, inéluctable, se rapproche au fi l du roman – le pas lourd, implacable. On sait que ça finira mal : ceinture d’explosifs au ventre, dans un wagon aléatoire du métro de Moscou. Marina Akhmedova est une sorcière aux yeux de fée, ou l’inverse, un Woland de notre temps, elle observe, témoigne – avec l’empathie des fous de Dieu mêlée de la distance propre à ceux qui ont vu la mort de près. » La suite à lire ici.

Slava PTRK nettoie le street art

Slava PTRK
Slava PTRK transforme Ekaterinbourg en Griazbourg (« Salebourg »). Crédits : Slava

En avril 2016, le street-artiste ekaterinbourgeois Slava PTRK, 26 ans, a modifié les panneaux d’entrée de Ekaterinbourg en Griazbourg (« Salebourg »). Un coup de gueule qui a résonné dans toute la Russie. « La saleté est un thème récurrent à Ekaterinbourg. C’est difficile de faire abstraction lorsque tu vis dedans, que tu la ressens en permanence, qu’il semble impossible de s’en débarrasser. Les Ekaterinbourgeois ont cette plaisanterie : la saison la plus propre, dans la ville, c’est l’hiver – parce que la neige recouvre tout. Ce surnom de Griazbourg visait moins à réaliser une action originale et belle qu’à soulever – ou relancer – un débat », insiste l’artiste. La suite à lire ici.

Mon Meurtrier : quand le cinéma yakoute sort de sa grotte

Kostas Marsan Mon meurtrier
Kostas Marsan (à droite) sur un tournage. Crédits : Art Doydu

Avec le film Mon Meurtrier, le réalisateur Kostas Marsan, 40 ans, a réalisé un exploit : exporter le cinéma de Yakoutie au-delà des frontières de sa république sibérienne. Sorti le 3 novembre, c’est le premier long-métrage yakoute à avoir décroché une sortie nationale et une pré-sélection aux Golden Globes. « C’est une opportunité formidable de découvrir le cinéma yakoute sur grand écran.
Avant, les gens en avaient seulement entendu parler comme d’une curiosité, du genre : Ah bon, on fait des films là-bas, dans cette Russie profonde ! Mais désormais, ils pourront voir de leurs propres yeux un vrai thriller, réalisé dans les règles de l’art. C’est un véritable succès pour tout le cinéma russe », est-il persuadé. La suite à lire ici.

Bouge ton corps avec Anton Maskeliade

Maskeliade. Crédits : Dmitri Semionouchkin

Le musicien Anton Maskeliade ne joue pas – il s’exprime. Chacun de ses gestes est un son, chaque mouvement – un rythme. À 29 ans, ce jeune Moscovite se définit comme l’un des pionniers de la musique assistée par Leap Motion, un périphérique connecté à un ordinateur, permettant de traduire les gestes en sons. « Je jongle avec toute cette matière en la modulant par des mouvements de la main. J’ai l’impression que cela se rapproche de la sensation qu’éprouvent les personnes malentendantes lorsqu’elles assistent à un concert. Elles n’entendent pas mais elles sentent, elles comprennent la musique jouée grâce aux vibrations. Pour ma part, même s’il n’y a aucun lien matériel entre moi et le son produit, j’entends que mes gestes interprètent de la musique, et je comprends que je suis en train de changer quelque chose. Car il y a autour de nous toutes ces molécules, on ne les voit pas mais elles sont bien là, elles nous traversent. Et je joue avec cette soupe d’éléments que je pousse jusqu’à l’état d’ébullition », commente-t-il. La suite à lire ici.

« À l’époque soviétique, on était drôle, on s’amusait, on baisait »

Nikolaï Kolyada. Crédits : Rusina Shikhatova / LCDR

Nikolaï Kolyada, 59 ans, a créé et dirige le théâtre éponyme de Ekaterinbourg, dont les spectacles s’exportent en France depuis plusieurs années : « Je suis comme cet animal à 40 pattes et si je commence à réfléchir à ce que fait ma 40e patte, j’arrête de marcher. J’écris, j’enseigne, j’ai 40 personnes qui sont sous ma responsabilité, j’ai 25 étudiants dans l’école de théâtre que j’ai créée et, tous les jours, la salle de notre théâtre est pleine. À Ekaterinbourg, j’ai acheté neuf appartements qui valent deux à trois millions, où vivent en ce moment mes acteurs qui viennent d’autres villes », confie-t-il. La suite à lire ici.

LE MIX LCDR RADIO 2016

Le Courrier de Russie, c’est aussi une radio. Et, comme toute radio, elle adore les compilations de fin d’année : voici ce qu’il fallait écouter en 2016 sur notre MixCloud.

Le nouveau rock russe

Ce sont des groupes habités par un sentiment commun d’unité dans leur approche de la musique et de son écoute. Ces artistes n’essaient pas d’impressionner le monde. Ils jouent pour le plaisir, et non pour la gloire ou l’argent. Ils s’appellent Padla Bear Outfit, Buerak, Summer of Haze, Red Samara Automobile, Plokho, Buerak, Zvezdy, Sonic Death, Pasoch ou Short Paris ; viennent de Moscou, Saint-Pétersbourg, Tomsk, Novossibirsk ou Petrozavodsk. Ils n’ont peur ni de leurs complexes, ni de chanter en russe : ils préfèrent en rire et en faire une marque de fabrique.

Le meilleur produit musical russe d’exportation

En 15 ans, 11 albums et un millier de dates, Messer Chups a conquis le monde avec son surf-rockabilly saupoudré de références aux comics d’épouvante et aux films de série B. Ils étaient en tournée dans le monde entier en 2016 pour présenter leur nouvel album.

Leningrad

Le groupe pétersbourgeois Leningrad a fait plus que marquer 2016 – il a explosé tous les compteurs sur YouTube en deux chansons : Eksponat, alias « En Louboutin » (98 millions de vues), et V Pitere Pit, « À Pétersbourg, on picole » (30 millions de vues).

Le rap russe

De Maltchichnik à Griby, en passant par Detsl, Kasta et Oxxxymiron, Le Courrier de Russie a balayé en 2016 30 ans de rap russe.