Le 28 février dernier, François Hollande effectuait sa première visite officielle en Russie. L’occasion pour le président français de rencontrer non seulement son homologue russe mais également la communauté d’affaires française en Russie. Emmanuel Quidet, président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCIFR), revient sur cette journée passée en compagnie du président français.

De gauche à droite : Emmanuel Quidet, Jean-Yves Le Gall, François Hollande
Le Courrier de Russie : Vous avez, à l’occasion de la première visite de François Hollande en Russie le jeudi 28 février, rencontré le président russe Vladimir Poutine. C’était la première fois que la communauté d’affaires française s’entretenait avec lui. Comment s’est-elle déroulée et quelles sont vos impressions au lendemain de cette rencontre ?
Emmanuel Quidet : Rencontrer Vladimir Poutine est avant tout un honneur. Surtout lorsque cela se déroule au Kremlin, un lieu à la fois prestigieux et qui vous rend très humble. Notre entretien était le dernier événement programmé au Kremlin, juste après la conférence de presse. C’était une rencontre d’hommes d’affaires réunissant deux délégations : une russe et une française. Les groupes étaient présidés, respectivement, par Vladimir Iakounine (président des chemins de fer russes) et Jean-Yves Le Gall (président directeur général d’Arianespace), tous deux présents en leur qualité de co-présidents du Conseil de coopération économique France-Russie. Nous étions 36 au total, 18 de chaque côté. Nous attendions dans la salle, le rendez-vous avait beaucoup de retard. Les deux chefs d’État sont entrés au même moment et se sont installés côte à côte en compagnie de leurs ministres – un moment très solennel. Vladimir Poutine a ouvert le bal par un très beau discours sur le besoin d’investissements français en Russie et sur l’investissement russe en France. François Hollande a suivi sur les mêmes thèmes, mettant l’accent sur la simplification des investissements russes en France. Les deux co-présidents de Conseil de coopération leur ont emboîté le pas, Vladimir Iakounine puis Jean-Yves Le Gall, et ce fut enfin le tour des hommes d’affaires.
LCDR : On a souvent entendu dire que les relations entre les deux présidents étaient froides, voire « glaciales ». Qu’en pensez-vous ?
E.Q. : J’ai effectivement entendu ces remarques, qui sont pour moi incompréhensibles. Les deux présidents ont évidemment gardé leur sérieux lors des discussions, mais nous avons tout de même eu droit à des instants plus chaleureux, où ils n’ont pas hésité à plaisanter entre eux. Je me souviens notamment de ce moment : un homme d’affaires devait débuter son discours. François Hollande s’est penché vers Vladimir Poutine et lui a glissé quelques mots à l’oreille. Le président russe, qui avait pris soin de retirer son oreillette, a alors éclaté de rire et s’est empressé de lui répondre. Les deux présidents ont ensuite ri ensemble, avec chaleur et franchise. Sincèrement, je ne trouve pas que cela ait ressemblé à un climat « glacial ». Bien au contraire, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec les conseillers de François Hollande à la suite de la rencontre. Et ce qu’ils m’ont dit est tout à fait à l’opposé de ce qu’on a pu entendre par la suite dans la presse.
LCDR : Quelles sont les grandes lignes qui ont été évoquées lors de ces entretiens ?
E. Q. : Les présidents ont abordé dans leurs discours la question de la simplification des procédures d’obtention de visas et de permis de travail pour les investisseurs russes en France. Vladimir Poutine a également voulu savoir quels étaient les principaux problèmes que rencontraient les Français en Russie. Question à laquelle j’ai répondu en rappelant tout d’abord que nous étions le troisième investisseur étranger en Russie, et que, globalement, tout se passait très bien pour nous. Je lui ai fait part, cependant, de la préoccupation première des entreprises françaises installées en Russie : le poids des barrières administratives qui impacte directement notre capacité à investir. Pour illustrer mon propos, je lui ai répété cette phrase que j’aime à prononcer : « La France a inventé la bureaucratie et la Russie l’a affinée et affinée à souhait. »

Rencontre d’hommes d’affaires franco-russes au Kremlin
LCDR : Et comment Vladimir Poutine a-t-il réagi ?
E.Q. : Il a ri ! Avant d’admettre être bien conscient du problème. Comme il l’a dit : « Dès que j’abats une barrière quelque part, une autre se lève toujours ailleurs. » Il nous a même invités à lui faire part de nos idées pour lutter contre ce fléau.
LCDR : Vous êtes président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCIFR). Les relations de votre structure avec le gouvernement russe ont-elles évolué à l’issue de ces débats ?
E.Q. : L’avantage, pour la CCIFR, c’est que le président russe sait maintenant que nous existons. Il s’agit d’un point très important, la communauté d’affaires française en Russie s’en trouve valorisée : les autorités russes prendront mieux conscience du poids de notre communauté dans leur pays et comprendront que la France a sa place dans les investissements étrangers en Russie. Le président Vladimir Poutine, avant cette rencontre, ne connaissait pas notre existence. Nous allons continuer à affirmer notre présence ici, et espérons être désormais présents lors de chaque visite d’une délégation française à but économique en Russie.

François Hollande et Emmanuel Quidet
LCDR : Il s’agissait, je le répète, de la première visite du président François Hollande en Russie. Quel bilan en tirez-vous ?
E.Q. : Le bilan est extrêmement positif. En répondant favorablement à l’invitation de la CCIFR à rencontrer la communauté d’affaires française, le président Hollande s’est exprimé jeudi matin face à près de 200 hommes d’affaires, des gens qui ne l’avaient pas nécessairement soutenu lors des élections… Pourtant, la réaction a été unanime : François Hollande les a conquis. Son discours était plaisant, la séance de questions-réponses s’est extrêmement bien déroulée et le président a clairement affiché le soutien de la France à ses entreprises présentes à l’étranger.
LCDR : À votre avis, quel bilan en retire-t-il, de son côté ?
E.Q. : Venir en Russie était le meilleur moyen de prendre conscience du poids économique des investissements français en Russie, pays qui est, soit dit en passant, un partenaire majeur pour la France aux portes de l’Europe. Il devait déjà le savoir, mais il l’a, ici, vu de ses yeux. Il a également pu réaliser que nous étions une communauté soudée, que nous marchions main dans la main avec UBIFrance, les services économiques régionaux, les conseillers du commerce extérieur et l’agence française pour les investissements internationaux, le tout sous la houlette de l’ambassadeur de France, M. Jean de Gliniasty.


You are so Wise, of course Poutine would want to visit with You!
le probleme que l’europe n’arrive pas a comprendre c’est qu’a force depuis des années d’avoir voulu les “baiser”, d’avoir envoyé des jeunes loups sortis de grandes écoles d’administration qui croyaient tout péter … les russes ne croient plus a tout ça … il faut déja dans un premier temps apprendre a être humble lorsqu’on va dans un autre pays pour prendre un marcher, la russie ce n’est pas l’afrique …..
Ingénieur général des ponts à la retraite mais continuant à soutenir une coopération établit depuis 20 entre collectivités des deux pays il ne faut pas sous-estimer l’appui que nos régions au travers de différents dispositifs financiers peuvent apporter à nos entreprises pour conclure des marchés en Russie.
Je discutai avec mon cousin Pascal Couchepin qui a ete President de la Confederation Helvetique du probleme de quelques ambassades qui se fournissent dans leur pays d’origine et non localement..
Il convenait avec moi que la politique d’une ambassade devrait etre de se serviir dans les pays ou elles sont situeses..Et j’ajoute en faisant aussi travailler leurs ressortissants installes sur place.Pascal Rendu Presidentielle 2017
les benêts