Aujourd’hui 6 février 2013, en quel mois serions-nous si le calendrier républicain créé pendant la révolution française et en vigueur de 1792 à 1806, s’appliquait encore ? Nivôse, le mois de la neige ? Pluviôse, le mois des pluies ?
Sans même se référer au christianisme qu’il était censé combattre, le calendrier républicain est parfaitement incongru en France. Et c’est pire quand on est en Russie ou au Mali. Cocasse pour une révolution qui se voulait universelle ! L’expérience qui fut vite abandonnée montre que les grandes idées, fussent-elles parfaitement logiques, ne durent pas toujours.
Les peuples ont moins besoin de combat contre Dieu, pour l’égalité ou je ne sais quoi encore que d’amour pour exister, lequel ne produit pas des playmobil, mais de nouveaux êtres pareils à ceux qui les ont conçu, tous aussi uniques, originaux et dignes de droits.
Les hippies ne croyaient pas si bien dire dans les années soixante-dix quand l’esprit empoisonné de rêves, ils susurraient évasivement : ” Faites l’amour, pas la guerre ! ”
Cependant, et depuis que les peuples sont souverains, à peine sortis de la puberté, les jeunes s’en vont plutôt faire un service militaire qui les marque souvent à vie. A se frotter aux autres, ils découvrent la nature humaine dans toute sa splendeur – et son horreur aussi. Ils passent leur temps à ” lever les couleurs” et présenter les armes devant les monuments aux morts ici ou là. Génération après génération, et même sans combattre, les jeunes prennent conscience que le prix de la nation, c’est celui de leurs vies ou de celles de leurs pères.
Mais, aujourd’hui - au moins en France, plus de service militaire. C’est ” La guerre pour personne “.
Désormais, la nationalité c’est un peu comme la prose de M. Jourdain ou l’air qu’on respire, cela va de soi. Comme le journal qu’on a l’habitude de lire et dont on finit par partager les vues ; comme l’opinion de la rue qu’on sollicite pour s’assurer que l’on n’est pas “azimuté”. Même à l’étranger, l’expatrié, l’immigré, appelez-le comme vous voudrez, finit souvent par se sentir dépositaire d’une part de l’identité du pays où il passe le plus clair de son temps.
Dans un accès de modernité, on serait presque tenté d’admettre que la nationalité s’acquière par usucapion. L’usucapion, cette notion issue du droit romain qui désigne le fait d’acquérir un droit réel ou personnel au bout d’un certain temps pourvu qu’on en manifeste durablement l’intention. Une seule limite : que l’on agisse comme un propriétaire et que la possession soit exempte de vices (publique, non équivoque, paisible et continue). En fait, l’usucapion a tour à tour servi à justifier l’autorité parentale, la propriété sur les esclaves et leur descendance, celle de l’épouse sur la dot donnée par son père, etc. Pas certain donc que l’usucapion soit le moyen le plus légitime de fonder l’acquisition de la nationalité où que ce soit.
Destinée à entériner après coup tous les abus, l’usucapion n’est qu’une réponse pratique du droit à l’un des traits essentiels de la nature humaine : la volonté de s’approprier toute chose et de dominer tout être dès qu’ils existent et partout où cela est possible. Et ce qui est vrai pour l’homme, l’est aussi pour les nations. Ici, pas question d’usucapion. La survie de la nation se mesure en nombre de morts.
Le président Poutine l’a rappelé à Volgograd la semaine passée. Non pas pour s’affirmer, mais pour célébrer la “Mère patrie”, pour montrer que la nation est indivisible : faite des hommes d’hier qui se sont sacrifiés et de ceux d’aujourd’hui qui n’ont qu’à célébrer leur souvenir. La liberté et la nation sont à ce prix. La nation n’est pas un phénomène spontané, mais la conjonction des efforts des générations successives.
Pendant que la Russie célèbre la Mère Patrie, la France vit au diapason du père François dont le programme est pour l’heure le mariage pour tous et, par voie de conséquence, la PMA et la GPA.
Pourquoi se marier ? Pourquoi faire des enfants ? Tantôt pour faire des soldats, tantôt pour jouer à la poupée.
Russie, Syrie, Mali, France : qu’il s’agisse hier des soldats soviétiques à Stalingrad ou aujourd’hui des Syriens ou d’enfants en France, nulle part les hommes ne sont des playmobil.
Les historiens d’aujourd’hui se plaisent à dire qu’autrefois dans les campagnes on faisait des enfants pour avoir des bras dans les champs. Sans malice, les curés diront plutôt qu’il fallait bien renouveler les enfants de chœur. Et aujourd’hui, que nous disent les homosexuels ? Que l’enfant est un droit. Pourquoi pas une chose ? Je ne commenterai pas le comble de l’antisémitisme et du racisme, à savoir les propos de Pierre Bergé reléguant la femme au rang de machine à fabriquer des êtres humains. A quand le retour de l’esclavage ?
Mais sans doute dans leur grande majorité, les homosexuels pensent-ils de bonne foi pouvoir éduquer des enfants en toute neutralité. Pirouette de l’histoire ! Que se passera-t-il quand adolescents, les enfants adopteront une sexualité résolument hétéro. Seront-ils capables d’abnégation et de tolérance ? Militeront-ils au contraire pour le droit de déshériter les enfants ?
” Mariage pour tous “, dans quelle croisade la France s’est-elle encore lancée ? Au moment où la France s’exprime, voire se divise, le débat est soudain occulté par la politique étrangère.
Voilà que soudain le président Hollande envoie son armée en Afrique. Pour qui ? Pourquoi ? Au nom de l’amitié. Pourquoi pas. Au nom d’un combat intransigeant contre un terrorisme qui menace notre nation et nos valeurs. Oui, plutôt cent fois oui. Reste à savoir quelles sont nos valeurs ? La première est peut-être celle que le président Poutine célébrait la semaine passée : savoir que nous sommes d’abord et avant tout les fils de nos pères.
Et François ? Il voulait être un président normal. Bingo, il l’est même en Afrique. Dans la plus pure tradition africaine, le président a endossé le costume de Général et les médailles tombent déjà. Il faut dire que la croisade étant menée contre des activistes qui rempliraient tout au plus la moitié d’une tribune du stade de France, le match était gagné d’avance. La France aura au moins montré qu’elle avait encore une armée. Que les islamistes se le tiennent pour dit.
Les Français avaient-ils besoin de s’en convaincre ? Non, comme les Russes, les Français n’ont qu’à revisiter les cimetières et autres monuments aux morts.
Le vrai combat est là. Comprendre qu’avant d’être nôtre, la société est d’abord celle qui nous est laissée par nos pères souvent au péril de leurs vies. Ensuite, et même s’il n’est plus question de conscription, se demander en âme et conscience si ce que nous faisons, à défaut d’être toujours héroïque, assure au moins notre pérennité.
Il semble que nous donnions seulement dans la croisade du grand n’importe quoi. Tenter de normaliser l’homosexualité, ce n’est que peine perdue. Quel qu’en soit le degré, y compris par le droit au mariage ou l’accès à la PMA ou à la GPA, toute loi de normalisation sera aussi inefficace qu’une loi qui prétendrait interdire l’homosexualité. L’homosexualité n’a rien de nouveau. Toutes les civilisations l’ont connu et aucune n’est jamais parvenue à la normaliser. Par nature, l’homosexualité n’est pas féconde et ce n’est pas un gouvernement (fut-il socialiste) qui pourra changer la donne.
Le Gouvernement et la nation toute entière ont bien d’autres choses à faire. Et qui sait si nos enfants ne trouveront pas demain que nous avons manqué de courage. Heureusement, avec les textes que l’on nous prépare, les enfants risquent d’avoir bien du mal à nous retrouver.


Non l’article n’est pas étriqué! au contraire, il brasse beaucoup d’idées;sur un ton parfois excessif, et enfièvré, mais cela fait du bien de lire autre chose que des textes insipides et bien pensants!c’est notre aventure façile au Mali qui est pitoyable, ainsi que la mascarade du mariage pour tous!c’était beaucoup de bruit, pour pas grand chose de bon à venir;le plus douloureux sera probablement pour les futurs enfant de ces couples factices!et si une majorité de français s’est déclarée favorable à cette pantomine, c’est parceque en réalité elle s’en moquait éperdument!Mais avec cette pseudo controverse, la société française n’aura fait que se désagréger un peu plus!au point qu’aujourdhui qui peut se déclarer fier d’être français?c’est même une idée ridicule pour le plus grand nombre!alors ne parlons surtout pas de patriotisme, tellement c’est devenu ringard en france!
M. Pipon,
En lisant votre édito, j’ai été plongé dans un mélange de sentiments, à la fois doux et bruts. Des paroles aussi claires et justes, le tout parsemé de brins de culture générale croustillants sont un délice à lire.
Merci
Pitoyable et étriqué cet article. “Les hommes qui se sont sacrifiés” … que l’on a plus exactement sacrifié si l’on fait un bilan objectif de la dernière guerre et de précédentes en Russie. Et au Mali, ne pas intervenir tout comme en Syrie se servir de son droit de veto : on voit le résultat, brillant ! Tiens, d’où viennent très majoritairement les armes en Syrie, au Mali, en Lybie…
C’eût été trop vous demander que de publier un pseudo édito sans fautes d’orthographe ?
En ce mois de Fiévrose, on attend que cela passe….. la neige, la fièvre du Mal y soit qui mal y pense, Les feuilles d’impôts, le génocide Syrio-Syrien (pour lequel on laisse faire. En Libye et au Mali, on a été plus percutants et surtout plus rapide…. Pourquoi?)……
Il faut dire que le Mariage pour tous plombe les débats et divise la France, mieux que l’affaire Dreyfus. Qui osera le “j’accuse” de 2013?
http://aviseurinternational.wordpress.com/2013/02/08/la-une-de-keg-des-unes-du-08022013-aujourdhui-cest-un-jour-sans-le-ron-ron-du-classicisme/
Cordialement
Aviseur