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Le sommet de l’Apec ferme ses portes

Résultats du sommet de l’APEC à Vladivostok.


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Il y a encore six mois, personne n’aurait cru que le vingtième sommet de l’APEC, qui vient de se clôturer à Vladivostok le 8 septembre, serait un succès. C’est pourtant ce qu’avance la Russie, qui souhaiterait devenir un acteur majeur dans la région Asie-pacifique, considérée comme l’une des plus dynamiques au monde.

Avec 600 milliards de roubles investis dans l’aménagement de la ville d’Extrême-Orient en marge du sommet (hôtels, ponts, infrastructures…), la Russie a su montrer son engagement dans le développement de cette région. Crise économique oblige, le caractère de cette édition 2012 du sommet de l’APEC a pris de l’importance pour plusieurs raisons.

En premier lieu avec l’entrée de la Russie dans l’OMC cet été, provoquant la formation d’un « club du pacifique », représenté par les pays de l’APEC au sein de l’organisation mondiale. A relever également l’intérêt de la Chine et des pays du sud-est de l’Asie autour d’un commerce international « multidevises », et finalement les changements brutaux entre 2010 et 2012 sur le marché mondial du gaz et l’ambiguïté grandissante de la position de la Russie sur ce dernier. En somme, des inquiétudes majeures qui ont fait de ce sommet un événement dont les enjeux ont pris de l’importance au cours de ces derniers mois.

Succès « durables »

Le plus grand succès rencontré lors des négociations concerne la coopération économique durable. Les membres sont en effet parvenus à se mettre d’accord sur une liste de 54 produits écologiques dont les droits de douane devront diminuer jusqu’à 5 % d’ici 2015 (à l’heure actuelle, ces derniers sont compris entre 25% et 30%). La création de cette liste représente une réelle victoire pour l’APEC face à l’OMC, qui travaille depuis dix ans sur ce projet sans réels résultats. Le but ? Créer au sein de l’APEC une « alternative à plus petite échelle » à l’OMC. Il s’agit d’offrir aux membres de l’APEC la possibilité de s’opposer à l’Union européenne au sein de l’OMC. Cette année, l’UE a notamment tenté de bloquer les importations de panneaux solaires en provenance d’un des principaux membres de l’APEC, la Chine.

Les discussions se sont également concentrées sur l’aménagement énergétique et la mise en place de structures écologiques à l’échelle locale.

Autre résultat important pour la Russie, les faibles progrès du développement du Trans-Pacific Partnership, ce traité multilatéral de libre-échange initié par les États-Unis en 2009 entre 9 pays de l’APEC, à l’exlusion de la Russie et de la Chine.

Diplomatie et gros contrats

Dans le domaine du commerce de matières premières, les négociations entre la Russie et le Japon, malgré les tensions qui perdurent entre les deux pays autour de la question des îles Kouriles, se sont avérées fructueuses. Le Japon s’est engagé dans le projet russe d’exportation de gaz liquéfié « Vladivostok SPG ». Ce dernier permettra d’accroître les livraisons de gaz russe aux pays de la région Asie-pacifique, dont le Japon, premier pays importateur de gaz liquéfié dans le monde, fait bien évidemment partie.

La politique n’a pas été mise de côté durant le sommet. La très médiatique rencontre entre Vladimir Poutine et Hillary Clinton s’est cependant révélée peu productive. Les deux côtés ont traité de thèmes variés, allant de la guerre en Syrie à Pussy Riot, sans évoquer le sommet en lui-même.

« Le développement oriental» de l’économie russe n’est, pour le moment, qu’au stade de projet. Son évolution dépendra principalement des perspectives de sortie de crise de la zone euro. Certaines déclarations révèlent néanmoins que la Russie se dit prête à franchir le pas. Ainsi, Alekseï Miller, directeur général de Gazprom, déclarait avec beaucoup d’enthousiasme que les livraisons de gaz aux pays de la région Asie-pacifique « dépasseront les quantités livrées en Europe » dans les prochaines années.

Vladimir Poutine, lors de la dernière conférence de presse du sommet, a quant à lui fustigé l’Union européenne, qui a accusé récemment la Russie de pratiques anticoncurrentielles dans certains pays d’Europe de l’Est.

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