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Le lock-out nord-américain va-t-il profiter à la KHL ?

Un an après la NBA, la Ligue nord-américaine de hockey sur glace (NHL) est frappée à son tour par un lock-out, une grève découlant d’un désaccord entre clubs et joueurs sur une nouvelle convention collective. La KHL devrait donc connaître un afflux de joueurs.


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Un an après la NBA, la Ligue nord-américaine de hockey sur glace (NHL) est frappée à son tour par un lock-out, une grève découlant d’un désaccord entre clubs et joueurs sur une nouvelle convention collective. La KHL devrait donc connaître un afflux de joueurs.

Depuis la nuit du samedi 15 septembre, la ligue nord-américaine de hockey sur glace (NHL) est suspendue et le spectre d’une saison blanche, comme lors du précédent lock-out en 2004-05, plane sur les patinoires nord-américaines alors que la saison régulière devait débuter le 11 octobre.

La précédente convention collective a expiré sans que la Ligue, d’un côté et les représentants des joueurs de l’autre ne soient parvenus à un accord. Les joueurs engagés en NHL devraient donc venir garnir les rangs des ligues européennes et, en particulier, de la puissante ligue continentale de hockey (KHL) pour rester compétitifs.

La NHL dans l’impasse

Ce lock-out n’est pas une surprise, tant les positions des joueurs et de leurs employeurs semblent inconciliables. Le salaire des joueurs et en particulier la répartition des recettes générées par la NHL constitue le nœud du problème : la Ligue cherche à réduire les coûts salariaux et veut réduire, sur six ans, de 57% à 47% la part des joueurs dans le partage des recettes. De son côté, le syndicat des joueurs ne veut pas descendre en-dessous de 52%.

La saison 2012-2013 de NHL n’est pas encore compromise comme en témoigne l’exemple du basket-ball. En 2011, un lock-out avait suspendu la NBA pendant cinq mois avant que propriétaires et joueurs trouvent un accord pour une saison qui débuta finalement avec deux mois de retard. Mais à l’heure actuelle, les positions des dirigeants et des joueurs de NHL sont encore très éloignées et les négociations s’annoncent très longues.

En attendant qu’une solution se dégage, tous les joueurs de NHL sont libres de s’engager ailleurs pendant la durée du lock-out. La ligue continentale de hockey (KHL) devrait être la principale destination des meilleurs joueurs de la compétition nord-américaine en raison de la qualité et de la puissance financière des différentes équipes de KHL.

Un exode des joueurs vers la KHL ?

Le mouvement a déjà commencé : Evgueni Malkine, élu meilleur joueur de NHL la saison dernière, a signé en faveur du club de sa ville natale, le Metallurg Magnitogorsk tout comme son compatriote Sergueï Gonchar. Le biélorusse, Andreï Kostitsyn et le Russe, Vyacheslav Voynov se sont engagés avec le Traktor Chelyabinsk tandis qu’Ilya Kovalchuk va signer un contrat dans les prochains jours avec le SKA Saint-Pétersbourg. Alexander Ovechkin est pour sa part en discussion avec le Dynamo Moscou.

Les joueurs européens de NHL ne devraient cependant pas être les seuls à s’exiler, comme l’a rappelé la star canadienne de la NHL, Sidney Crosby : « Je suis un joueur, je veux jouer. »

Si le joueur-phare de la compétition nord-américaine finit par signer en Europe, il est fort probable qu’il se retrouve en Russie. Evgueni Malkine, son coéquipier chez les Penguins de Pittsburgh essaierait de le convaincre de le suivre au Mettalurg.
De son côté, l’attaquant Michael Cammalleri, des Flames de Calgary, a affirmé que la Russie était la destination toute désignée pour les Européens et que certains d’entre eux ne voudront peut-être pas revenir en Amérique, à la fin du conflit. «Vous pouvez y aller et gagner plusieurs millions de dollars», a souligné Cammalleri.

Un recrutement encadré

Cependant, les décideurs de la KHL ont établi des règles spécifiques liées au lock-out. Ainsi, chaque équipe ne pourra pas mettre sous contrat plus de trois joueurs venant de la NHL dont un seul étranger et leur salaire ne pourra pas dépasser 65% du salaire qu’ils auraient touché en Amérique du Nord cette saison.

L’objectif est clairement d’empêcher que trop de joueurs étrangers ne prennent les places des joueurs russes et ne freinent ainsi leur progression à un an et demi des Jeux olympiques de Sotchi où la Russie visera la médaille d’or.

Pour les six équipes de KHL localisées à l’extérieur de la Russie, il n’y a pas de restrictions.

Une formidable vitrine pour la KHL

Mais l’arrivée des joueurs nord-américains est surtout une formidable opportunité pour le développement de la KHL qui entame sa cinquième saison. Elle devrait lui permettre de franchir un palier supplémentaire dans son objectif de concurrencer la NHL. « J’estime que l’arrivée des joueurs de la ligue nord-américaine représente un énorme potentiel de marketing additionnel pour notre compétition, a déclaré récemment le vice-président de la KHL, Ilya Kochevrin. Les stars de la NHL suscitent de l’intérêt de beaucoup de gens et pas seulement des personnes qui suivent le hockey régulièrement. Comme outil de marketing, c’est une belle vitrine pour nous. »

Alors que la KHL a repris depuis le 4 septembre, cette saison 2012-2013 devrait être encore plus passionnante que prévu avec l’arrivée de nombreuses stars mondiales venues de NHL. Durant la saison 2004-2005 où la NHL fut annulée, la KHL n’existait pas encore mais le championnat russe avait déjà attiré 78 joueurs de la compétition nord-américaine.

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