Meurtre de l’ex-colonel Boudanov : la vengeance d’un fils

Le comité d’enquête sur l’assassinat de l’ancien colonel Youri Boudanov en juin 2011 a présenté son acte d’accusation à l’encontre de l’assassin présumé, Yusuf Haji Temerkhanov. La défense a pris connaissance du dossier avant que ce dernier soit envoyé pour approbation au bureau du procureur. L’accusé ne reconnaît pas les faits.

Pour les enquêteurs, le meurtrier du colonel Boudanov est Yusuf Hadji Temerkhanov. Lors de son arrestation en août 2011, ce ressortissant tchétchène âgé de 40 ans s’était fait passer pour un autre de ses compatriotes, Magomed Souleimanov. Les juges ont découvert la supercherie après une analyse ADN et révélé que le suspect s’était procuré un faux passeport au nom de Magomed Souleimanov auprès d’un membre de la municipalité d’Argoun.

La vengeance d’un fils

D’après les résultats de l’enquête, le motif de l’assassinat serait une vendetta. En 2000, le colonel Boudanov est ses hommes auraient fusillé le père de l’assassin présumé, avant de brûler son café et sa voiture dans le village de Galdagan, en Tchétchénie. La même année, le ministère de la région de Goudermes avait ouvert une enquête pénale pour meurtre et dégradation de la propriété du père de Termekhanov mais il avait dû clore le dossier en 2008, faute d’être parvenu à identifier les coupables.

Les enquêteurs estiment que les militaires ont pu commettre un tel crime et que, devant l’impuissance de la justice, Yusuf Haji Temerkhanov se soit résolu à se faire justice personnellement. C’est donc pour cette raison qu’il aurait tué le colonel Boudanov, déjà condamné en 2003 par une cour martiale pour le meurtre d’une jeune fille tchétchène, Elza Koungaïeva, crime représentatif de toutes les exactions perpétrées par l’armée russe lors de la guerre aux yeux des Tchétchènes.

Un complice à identifier

L’enquête révèle en outre qu’en avril 2011, Temerkhanov aurait passé un accord avec une personne non identifiée en vue d’assassiner Youri Boudanov. Ils auraient élaboré ensemble le plan détaillé de l’élimination du colonel, même si c’est l’accusé qui a acheté le véhicule et le pistolet utilisés dans cet assassinat. Pour l’accusation, deux personnes ont procédé à cette opération. Le premier a attendu dans le véhicule pendant que l’autre a tiré quatre balles dans la tête et la poitrine de l’ex-colonel Boudanov. De plus, les enquêteurs ont découvert le véhicule incendié dans une rue proche du lieu du crime avec à l’intérieur l’arme du crime et un silencieux.

Le colonel Boudanov est devenu tristement célèbre dans toute la Russie en mars 2000, à la veille de l’élection présidentielle. Le commandant du 160ème régiment de chars déployé en Tchétchénie avait été arrêté et accusé du meurtre d’une jeune fille de 18 ans, Elza Koungaïeva. Le 25 décembre 2003, il avait été condamné à 10 ans de réclusion, pour l’enlèvement et le meurtre de cette Tchétchène. La cour martiale lui avait retiré son grade de colonel et l’ordre du Courage dont il avait été décoré. L’ancien colonel avait obtenu sa libération conditionnelle en décembre 2008, avant d’être libéré un mois et demi plus tard.

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