Député du parti d’opposition Russie Juste à la Douma, Ilya Ponomarev a proposé d’organiser des dîners de gala pour récolter des fonds afin de lancer une chaîne de télévision d’opposition sur internet.

Ilya Ponomarev. Photo : Andreï Souza
Des dîners visant à récolter des fonds auprès de grandes entreprises seront organisés à partir de septembre 2012 dans les villes russes de plus d’un million d’habitants, ainsi que dans les métropoles étrangères comptant une importante communauté russe, telles Londres, New York, San Francisco ou encore Tel-Aviv.
« Traditionnellement en Russie, les négociations entre partis politiques et entreprises se font de manière très opaque. C’est une pratique qui n’est pas acceptée à l’Ouest. Nous voulons servir d’exemple sur la scène politique russe : prise de décisions collective, pas de dessous-de-table », a affirmé Ilya Ponomarev à propos du financement de la future chaîne.
En dévoilant le projet début juin, son collègue de Russie Juste Dimitry Goudkov avait pourtant annoncé que la chaîne serait financée par le public et non les entreprises : « Je pense qu’il y a au moins 1 million d’habitants du pays qui sont prêts à mettre 100 roubles par mois dans une télévision indépendante et objective », avait déclaré le député, qui estimait les frais de fonctionnement de la chaîne à 100 millions de roubles par mois.
« Pour l’instant nous avons besoin de travailler avec des entreprises », a reconnu Ilya Ponomarev, qui assure qu’à terme le but reste de financer la chaîne, dont la grille des programmes devrait être connue à l’automne, exclusivement par des dons du public.
Le vice-président de la Douma, le député de Russie Unie Sergeï Jelezniak a déclaré que l’idée d’une chaîne d’opposition lui rappelait les projets de certains oligarques aujourd’hui expatriés, notamment l’ex-magnat des médias Boris Berezovsky qui vit en exil à Londres depuis 2001.
Aucun parti politique russe n’a pour le moment de chaîne de télévision sur internet. Le Parti communiste, après avoir envisagé cette option, s’est finalement rabattu sur des reportages vidéos diffusés sur son site internet, à l’instar de Russie Unie.
