Guerre russo-géorgienne : nouvelles tensions entre Moscou et Tbilissi

Alors qu’on commémore le quatrième anniversaire du début de la guerre entre la Géorgie et la Russie, une déclaration de Vladimir Poutine a ranimé le différend avec Tbilissi. La vive réaction de l’État géorgien, qui a toujours accusé la Russie et plus particulièrement l’actuel président russe d’être à l’origine du conflit, illustre les tensions qui existent encore sur la détermination du « vrai responsable de cette guerre éclair ».

La polémique est née après la mise en ligne, le 5 août dernier, d’un film documentaire intitulé « 8 août 2008. La journée perdue. ». Le film, un poil propagandiste, présente une version des faits différente de celle avancée par le gouvernement russe de l’époque. En effet, le documentaire accuse Dimitri Medvedev, président à l’époque, d’avoir tardé à envoyer des troupes en Ossétie du Sud alors que la guerre avait commencé le 7 août au soir. Vladimir Poutine, en dépit du fait qu’il se trouvait à Pékin pour les Jeux olympiques, y est décrit comme le héro du conflit.

Le 8 août dernier, en visite à Tskhinvali (capitale de l’Ossétie du Sud) pour la commération du début de la guerre russo-géorgienne, Dimitri Medvedev s’est défendu en expliquant que lui seul était à l’origine de l’action militaire. « Toutes les décisions ont été prises au bon moment. Ceux qui avancent le contraire sont des perturbateurs », a t-il pris la peine de préciser à l’agence de presse russe Ria Novosti.

Dans un entretien accordé à Interfax, autre agence de presse russe, Vladimir Poutine a quant à lui donné sa version des faits, qui n’aide pas à clarifier les choses. « Les 7 et 8 août 2008, je me trouvais à Pékin pour les Jeux olympiques. Lorsque j’ai pris connaissance de l’attaque, j’ai téléphoné à Dimitri Medvedev et à Anatoli Serdioukov, le ministre de la défense », a précisé le président russe.

Mais c’est une autre déclaration de Vladimir Poutine qui a suscité l’ire de Tbilissi. « La Russie était bel et bien prête à intervenir contre une possible attaque géorgienne dès la fin 2006. Le plan avait été préparé par l’Etat-major russe et prévoyait entre autres, d’entraîner des milices populaires ossètes », a déclaré le président russe.

Mikhaïl Saakachvili, le président géorgien, qui rendait également hommage aux morts de cette guerre, s’est empressé de réagir en ciblant tout particulièrement ses opposants sur le plan intérieur et ceux qui mettent encore en doute le statut de victime de la Géorgie. « Vladimir Poutine, ce criminel de guerre, déclare que cela fait bien longtemps qu’ils préparaient une intrusion en Géorgie, et il y en a encore parmi vous qui se demandent qui a commencé la guerre ! », s’est insurgé le président géorgien.

Un récent article de l’opposant géorgien Bidzina Ivanishvil paru dans le Wall Street Journal explique justement que ces provocations sont une véritable arme politique employée par la Russie dans le but « de continuer à attiser les tensions historiques avec des pays comme la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie afin de les laisser dans un état d’instabilité permanent ». De son côté, l’opposition géorgienne n’a jamais douté que la Russie ait été derrière la guerre de 2008, elle reproche seulement à Mikhaïl Saakachvili d’avoir cédé à ses provocations.

Une réflexion au sujet de « Guerre russo-géorgienne : nouvelles tensions entre Moscou et Tbilissi »
  1. frédéric combes

    Les Romains ( de l’antiquité), disaient déjà ” si tu veux la paix, prépare la guerre”! je ne sais pas qui a déclenché les hostilités, ; mais se préparer à répondre à un acte de guerre, c’est tout à fait légitime! le chef d’état qui ne le ferait pas serait même un irresponsable!

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