Scénario de crise du ministère russe de l’économie

Le ministère russe de l’économie a publié un document décrivant les répercussions possibles d’une crise économique pour la Russie. Le pire serait un effondrement de la zone euro après l’exclusion des pays « à problèmes » et une baisse du taux de croissance de l’économie mondiale allant jusqu’à 1,2%.

Le prix du baril conditionne toute l’économie russe.

L’écroulement de la zone euro et ses répercussions sur l’économie mondiale pourrait faire retomber le prix du baril de pétrole au-dessous de 60 dollars au cours du premier semestre 2013, affirme un document du ministère russe de l’économie.

Si un tel scénario devait se réaliser, l’économie russe ne pourrait pas maintenir son rythme de croissance actuel. Le revenu des exportations russes pourrait s’affaisser jusqu’à 31%, ce qui provoquerait une baisse du PIB de 2,7% en 2013.

Selon le document du ministère de l’économie, ce scénario de crise provoquerait un trou de 3 000 milliards de roubles (près de 76 milliards d’euros) dans le budget de l’Etat, un déficit que les autorités devraient alors combler en puisant dans les fonds souverains (de réserve).

Pour atténuer l’impact de la baisse du prix du pétrole, les autorités seraient alors contraintes de laisser le rouble se dévaluer face aux principales devises étrangères et l’inflation repartir à la hausse. Cette dernière pourrait ainsi atteindre 11,9% (contre 6,3%-6,4% pour la période 2012-2013 selon les prévisions du FMI), ce qui se traduirait par une baisse de 3,7% du revenu réel de la population.

Autre corollaire de ce scénario catastrophe émanant du ministère russe de l’économie : la fuite des capitaux. Ce dernier estime qu’elle pourrait se chiffrer à 80 milliards de dollars, ce qui accentuerait d’autant la chute du rouble, qui pourrait perdre jusqu’à 43% de sa valeur – ce qui signifie que durant l’année 2013, un dollar vaudrait 45,9 roubles contre 31,53 aujourd’hui.

Pour permettre à la Russie de sortir plus facilement de la crise, le ministère de l’économie recommande d’augmenter les investissements et les programmes sociaux pour soutenir la demande domestique et faciliter la reprise du commerce.

Dmitry Polevoy, collaborateur de la banque ING a qualifié ce scénario de « plutôt aggressif », d’accord sur le fait qu’un baril chutant aux alentours de 60 dollars entraînerait le rouble avec lui mais estimant peu probable qu’il reste à de tels niveaux toute l’année.

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