Le 7 août, le procureur Alexandr Nikiforov a requis une peine de trois ans de colonie pénitentiaire à l’encontre des membres du groupe Pussy Riot, incarcérées depuis le mois de mars 2011. Dans ses plaidoiries, la défense a menacé de porter l’affaire devant la Cour européenne des Droits de l’Homme et demandé l’acquittement des trois prévenues.

Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina. Photo : Voïna
Le bureau du procureur a estimé que les trois membres du groupes Pussy Riot – Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch – étaient coupables de « hooliganisme » et d’incitation à la haine religieuse. Il n’a cependant pas requis la peine maximale de 7 ans pour ce type de délit. Etant donné l’absence de récidive et de circonstances aggravantes, il s’est contenté d’une peine de trois ans de colonie pénitentiaire.
« Vulgaire, provocante et cynique »
Le procureur Alexander Nikiforov a lui-même qualifié la performance des trois prévenues dans la cathédrale du Christ-Sauveur le 21 février dernier de « vulgaire, provocante et cynique », ajoutant que les protagonistes étaient « vêtues de manière excessivement indécente, avec des robes provocantes aux couleurs criardes ». Il a en outre trouvé « blasphématoire » l’affirmation selon laquelle les membres du groupe ne savaient pas comment se comporter dans l’Église. « Elles n’ont pas agi par ignorance mais par méchanceté », a souligné le procureur.
Violetta Volkova, l’une des avocates des trois prévenues, a annoncé son intention de porter plainte devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). « Nous avons assisté à un traitement dégradant et inhumain des accusées, proche de la torture », a déclaré l’avocate dans sa plaidoirie du 7 août. Elle a également dénoncé un certain nombre de violations du code de procédure pénale commises par le tribunal.
Une infraction administrative et non pénale
Mark Feïgin, autre avocat de Pussy Riot, a pour sa part souligné que la performance du groupe dans la cathédrale du Christ-Sauveur ne constitue pas une infraction pénale mais administrative. A ce titre, on ne peut donc pas la qualifier de « hooliganisme ». Selon lui, le tribunal a la ferme intention de mettre les trois jeunes femmes derrière les barreaux.
Le troisième avocat de la défense, Nikolaï Polozov, a attiré l’attention sur le fait que pratiquement aucun paroissien ne se trouvait dans l’église au moment de l’infraction, le nombre de victimes se réduisant donc au strict minimum.
Les trois avocats de la défense ont plaidé l’acquittement pour les trois prévenues. Le tribunal doit maintenant se retirer pour délibérer, avant de remettre son jugement dans les prochains jours mais vraisemblablement avant la fin de la semaine. Jeudi 2 août, Vladimir Poutine avait publiquement émis le souhait que le tribunal ne juge pas trop sévèrement les jeunes femmes.

