L’ancien dirigeant de la compagnie pétrolière Ioukos, emprisonné depuis 2003, a publié sur son site une lettre dans laquelle il compare le procès des trois activistes à ceux pratiqués sous l’Inquisition et la Russie contemporaine à une « province asiatique arriérée ».

Mikhaïl Khodorkovski
« Il est pénible d’assister au spectacle du tribunal Khamovnitcheskiï de Moscou où sont jugées Masha, Nadya et Katya [Maria Alekhina, Nadejda Tolokonnikova et Ekaterina Samoutsevitch, les trois membres du groupe Pussy Riot mises en examen, nldr]. Le mot jugées s’entend ici seulement dans le sens qu’il revêtait aux yeux des inquisiteurs médiévaux », affirme Mikhaïl Khodorkovski dans une lettre publiée sur son site. Il y témoigne des conditions de vie des détenus pendant le déroulement de leur procès, ce dont se sont plaintes les trois prévenues.
« Le transport de la prison au tribunal dure deux heures minimum, écrit l’ancien magnat du pétrole. Mon lieu de détention était relativement proche mais ces jeunes femmes sont emprisonnées à Petchatnikov, qui est deux fois plus loin. Elles passent probablement trois heures sur la route dans chaque sens. À cela il faut ajouter quatre fouilles humiliantes par jour, avant le départ et à l’arrivée de chaque voyage entre la prison et le tribunal. »
« La nourriture est pire que les rations qu’on donne aux sans-abris. On mange des nouilles instantanées. Le temps qu’elles se dissolvent dans l’eau bouillante, les vingt minutes de pause sont finies. Pour quelqu’un qui souffre d’un rein, ce régime est presque assassin. Pour ma part, j’ai arrêté de manger à ma deuxième semaine de procès : mieux vaut boire de l’eau toute la journée. Quand l’audience est terminée, tout le monde rentre chez soi mais les prévenus, eux, sont menottés et sont ramenés en prison dans les embouteillages moscovites au terme d’une « journée de travail » de vingt heures. On arrive après l’heure du repas des détenus et tout le monde va au lit – on ne peut prendre une douche que le samedi. Si une audience est prévue le lendemain, on est debout trois heures plus tard et tout ce manège recommence », décrit Khodorkovski.
Les trois membres de Pussy Riot se sont plaintes à plusieurs reprises de malaises à cause du régime très strict qui leur est imposé mais des médecins, appelés pour les ausculter, les ont déclarés physiquement aptes à comparaître devant le tribunal.
« Empêcher les avocats d’accéder à tous les éléments du dossier, étendre les délais de garde à vue, ce sont des illégalités habituelles, assure encore l’ancien magnat du pétrole. Mais ces audiences de onze heures sans pause-déjeuner digne de ce nom sonnent comme un moyen de terminer l’enquête judiciaire le plus vite possible, pendant que les média internationaux sont occupés par les Jeux olympiques et que notre honte ne s’exprime pas encore trop fort. La honte d’un grand pays, le pays de scientifiques et d’humanistes de renommée mondiale, qui rapidement se transforme en une province asiatique arriérée. »
Mikhaïl Khodorkovski a comparu à deux reprises devant la justice russe. Lors de son second procès en 2010, il a lui-même eu affaire au tribunal Khamovnitcheskiï, où sont actuellement jugées les trois membres de Pussy Riot.


NOUS SOMMES LES MEILLEURS EN TOUT CAS
Il a entièrement raison, la Russie à une justice curieuse vue de France, et souvent inéquitable! Et quand le pouvoir agit sur la justice, on atteint le fond! A QUAND DE VRAIES REFORMES, RESPECTUEUSES DES DROITS DE L’HOMME?