Les incendies de forêt en Sibérie se sont propagés ce week-end, passant de 18 à 26,6 hectares brûlés depuis vendredi. Les experts soupçonnent les autorités de dissimuler la vérité sur l’ampleur des zones touchées et dénoncent les trop faibles effectifs mobilisés par le ministère des situations d’urgence.

Carte des incendies et des zones à risque. Source : Rosleskhoz, Rosgidromet
Le Premier ministre Dimitri Medvedev a annoncé des départs d’incendies dans 11 régions russes, et un volume de forêt brûlée déjà supérieur de 20 % au total de l’année 2011. Dépêchés à Tomsk, le ministre des situations d’urgence (MTchS) Vladimir Poutchkov et le directeur de l’Agence fédérale Rospotrebnadzor Guennadi Onichtchenko n’ont pu se rendre sur place par les airs, les fumées d’incendie empêchant le trafic aérien.
Poutchkov a déclaré que les incendies, avec l’intervention de son ministère, pourraient être stoppés « sous deux ou trois jours ». L’intervention de sept Be-200 bombardiers d’eau et des pompiers a permis d’éteindre 4,8 hectares d’incendies de forêt dans la région de Tomsk.
Les efforts du MTchS ne sont toutefois pas suffisants. Selon l’Agence fédérale des forêts, la zone totale touchée par les feux de forêt s’est étendue d’un tiers ce week-end, atteignant 26,6 hectares. Le gros des incendies touche la Sibérie, notamment les régions de Tomsk et Kranoïarsk. Les régions de Sakha et de Yakoutie sont également la proie des flammes. L’état d’urgence a été décrété dans la région de Volgograd du fait du risque très élevé de départs de feu. Oulianovsk et la Kalmoukie sont maintenues à un niveau de risque élevé.
Greenpeace Russie accuse les autorités de dissimuler la véritable ampleur des incendies. L’ONG recense ainsi sur son site une centaine de foyers d’incendie pour la seule Yakoutie, contre 16 selon les données officielles de l’Agence fédérale des forêts.
L’organisation met en avant un rapport du ministère des situations d’urgence préconisant un effectif « de prévention et d’intervention d’urgence » de 930 000 personnes et 125 000 unités techniques. Selon les chiffres de ce même ministère, seules 6 200 personnes et 1 200 unités techniques sont à l’heure actuelle mobilisées, soit moins de 1 % des quantités promises.

