Pour des cavaliers - Graffiti

Rostov-sur-le Don, patrie des Cosaques. Ceux-là qui gagnèrent leur liberté – puis leurs privilèges – à coups de dents féroces, ceux-là qui toujours préférèrent vivre affamés mais sans collier. Patrie de cet air du sud qui rend insoumis, parfois insolent. D’une vie sucrée qui donne soif de scandales, d’emportement. Et naturellement Rostov-sur-le-Don patrie du hip-hop. Si le rap a toujours du mal à se faire une place en Russie, devancé qu’il fut par un Rn’B mielleux qui l’a décrédibilisé, le graff en revanche se porte de mieux en mieux. Et le graff a de quoi se faire plaisir dans ces villes post-industrie soviétique, immenses usines en friche et terrains vagues à foison. Le graff contre l’art contemporain glamour et collabo, comme un moyen de se réapproprier la ville véritablement venu d’en bas. Rostov-sur-le-Don ouvre son ex-fabrique de pâtes, pour tout le mois d’août, aux meilleurs représentants du street-art russe – expositions et projets spéciaux, vidéo et installations, conférences et performances, concerts et j’en passe.
Festival d’art de rue Makaronnaya fabrika – du 3 au 30 août. Galereya 16th line, 16-aya linia, 7a, Rostov-sur-le-Don.
www.16thline.ru
Pour une arche - Architecture

L’architecture conserve parmi les arts une place à part, peut-être parce que la modernité n’est pas parvenue à la dénuder de sa fonction. Peut-être parce qu’elle est toujours contrainte de faire avec la vie, avec les gens, de n’être pas que décor. L’architecture se réinstalle à Nikola-Lenivets pour l’édition 2012 du festival Arkhstoyanie. Nikola-Lenivets et toutes les contradictions du grand pays dans un village. Là-bas, les artistes contemporains ont fui la capitale qui s’étend, vampire, dévoreuse. Là-bas ils doivent s’entendre et collaborer avec leurs ouvriers, des types du coin, paysans, ivrognes et autres taulards, des types chez qui le langage ne passe pas par la parole. Nikola-Lenivets comme une fenêtre sur un possible du futur. Quand la tendance néo-rurale occidentale prend des proportions russes, quand les intellectuels citadins blasés retournent non dans des bois apprivoisés mais dans la forêt – originelle. Un festival sous le thème des « Signes du mouvement », pour une architecture à venir.
Arkhstoyanie 2012. Leto – du 27 au 29 juillet. Village de Nikolo-Lenivets, Dzerjinski rayon, oblast de Kalouga.
www.arch.stoyanie.ru
Pour des pompons - Concert

Elle est mal en point, la flotte – et ce n’est pas la « classe créative » qui se lèvera pour défendre le pays. Et pourtant, les marins. Les Russes ont beau avoir une terre étendue sur la moitié du globe, ils sont marins dans l’âme – y a qu’à, pour s’en convaincre, se perdre dans leurs yeux. Comme les Bretons, ils n’ont pas la confiance facile. La vodka, c’est pareil : avant de se retrouver perdu avec un quelconque quelqu’un au milieu de la grande bleue, il faut savoir de quel bois il est fait – et l’eau-de-vie, c’est connu, délie les âmes à vitesse grand V. Comme les marins, discipline et courage, bourrus et le cœur immense. Des tendres. Et croyez m’en, la carapace n’est pas dure à faire fondre. Les Mummy Troll – ces rockers du XXIème siècle qui ne boivent pas, ne fument pas, font des enfants et aident les grands-mères à traverser – rendent hommage à la flotte de la Baltique. Le groupe est parti le 20 mai sur un bateau – de croisière et tout confort – pour 14 mois de traversée et un album. En chemin, ils font des arrêts-concerts. Ce sera, pour ce 29 juillet – Journée de la Marine de guerre – au club pétersbourgeois Kosmonavt.
Mummy Troll, kontsert ko dnyu VMF – le 29 juillet, à 20h. Klub Kosmonavt, Bronnitskaya oul., 24, Saint-Pétersbourg.
www.kosmonavt.su
Pour une garnison - Vidéo

Et vous qui croyiez que le festival de Cannes, c’était sur la Croisette et sous le soleil… Démodés, la Riviera, les tapis rouge et paillettes, les jurys aussi prestigieux que mous du genou. À bas le festival de Cannes, vive le festival de Kansk ! Sous un autre soleil, plus froid, plus franc. La Sibérie, contrée des exilés – contraints ou volontaires –, des aventuriers, de tous ceux qui savent qu’il faut, pour vivre heureux, vivre caché. Au moins là où personne n’osera venir vous chercher. Sibérie, contrée de ceux qui ne pleurent pas pour plus d’intervention de l’État et plus de lois, qui au contraire s’en méfient, savent que le pouvoir, c’est le mal et que construire des routes, c’est faciliter la circulation de ses agents. À Kansk, pas de projecteurs internationaux – mais un festival de vidéo indépendante et alternative. Production et promotion d’une vidéo novatrice, au-delà du mainstream en cinéma comme en art contemporain, expression d’une culture contemporaine marginale et radicale, premier vidéo-forum eurasiatique, laboratoire… – le tout sur la rivière Kan, dans une ancienne forteresse. Anti-censure et anti-Hollywood.
XIème vidéo-festival international de Kansk – du 17 au 25 août. Kansk, kraï de Krasnoïarsk.
www.festival-cannes.ru
Pour une dame - Concert

Notchnye Snaïpery – encore et toujours. Diana Arbenina est de celles qu’on ne présente plus. Fille des terres impossibles de Magadan adoptée par la mélancolique Pétersbourg. Passionnée, jamais légère. Comme le grand pays, du tragique, jamais d’opérette. Arbenina, pourtant chanteuse culte, ne vieillit pas, ne s’installe jamais sur ses lauriers, recherche toujours le défi, en permanence se renouvelle. Arbenina brûlante comme du métal dans la glace, électrique. Le Zelyeni teatr, pourtant installé au cœur du royaume des hipsters, fait la part belle aux rockeurs old school, aux légendes des véritablement folles années 1990, aux enfants du chaos. Les concerts de Notchnye Snaïpery, c’est au moins imprévisible. La belle avait l’année dernière risqué l’exercice solo, d’où sortira un album cet automne. Ce qu’elle nous réserve cette année, Dieu seul le sait – peut-être pas même elle. Incontournable, rendez-vous est pris pour cette soirée d’été moscovite, à la limite de la berge Pouchkine et du Neskoutchi sad.
Notchnye snaïpery. Romantique estivale au théâtre Zelyeni – le 27 juillet, à 19h. Zelyeni teatr, parc Gorki, Krymski val, d.9, str. 33.
