Le concurrent d’Aeroflot sur la liaison Moscou-Nice sera la compagnie aérienne Rossiya Airlines, qui appartient à… Aeroflot. La compagnie pétersbourgeoise s’est en effet vue attribuer cette ligne en vertu de l’accord de libéralisation des liaisons aériennes signé entre la Russie et la France. Transaero, à qui est attribuée la liaison Moscou-Paris, s’est déclarée surprise par la décision et compte sur la décision du Service fédéral anti-monopole (ФАС).

Jusqu’à présent la liaison Moscou-Nice n’était assurée que par Aeroflot et son partenaire Air France, tous deux membres de l’alliance Skyteam. En mars dernier les gouvernements russe et français ont signé un accord afin d’ouvrir les liaisons Moscou-Nice et Moscou-Paris à deux nouvelles compagnies, à raison d’une pour chaque pays. Pour la France les deux liaisons ont été attribuées à la compagnie privée Aigle Azur, qui desservait jusque-là majoritairement l’Afrique du Nord. Elle dispose de quatre avions pouvant opérer des vols vers Moscou, et devrait ouvrir la liaison fin juillet.
La Russie a attribué la liaison Moscou-Paris à la compagnie privée Transaero, qui devrait être effective à partir du 27 juillet. Selon l’accord gouvernemental Transaero aurait également dû recevoir 7 liaisons hebdomadaires Moscou-Nice. En mai, Aeroflot avait demandé à pouvoir augmenter le nombre de ses vols vers Nice, ce qui lui avait été refusé.
Le directeur adjoint du Service fédéral anti-monopole Anatoly Golomolzin s’est opposé à l’attribution de la seconde liaison avec Nice à Rossiya Airlines, qui est détenue à 75% par Aeroflot, et dont l’actionnaire majoritaire est l’Etat russe. « Le sens de cette attribution est de renforcer la concurrence. Quelle concurrence peut-on attendre d’une compagnie qui est la fille d’Aeroflot? », a demandé à la commission Dmitri Stolyarov, directeur adjoint de Transaero, qui attend la décision des autorités anti-monopolistiques sur la question.
Aeroflot insiste de son côté sur le fait que Rossiya est une compagnie distincte qui bénéficie de ses activités propres. Le choix de la commission s’explique par la situation financière stable et le nombre suffisant d’avions modernes et produits en Russie dont dispose Rossiya. Au printemps, Transaero s’est vu attribuer de nombreux itinéraires européens – Rome, Milan, Venise et Paris. Il n’est dès lors pas à exclure que la Commission opte pour Rossiya afin de se soustraire au lobbying de Transaero.
Un aller-retour direct entre Moscou et Nice par Aeroflot peut atteindre 40 000 roubles au pic de la saison, un prix bien supérieur aux vols avec escale en Europe. Selon Konstantin Kalinov de JetRadar, l’apparition d’une deuxième compagnie sur la ligne pourrait permettre de faire baisser le prix des billets de 15 à 20%, à condition qu’elle appartienne à une autre alliance.
