Moscou accueillait fin avril la deuxième édition du festival gastronomique Omnivore. Cette année, le débarquement des chefs fut imposant – la peur de ne pas trouver de produits convenables, de restaurants décents et de collaborateurs qualifiés ne pesait plus sur les participants français, italiens et belges. Le Courrier de Russie a assisté aux festivités, afin d’être à la pointe en matière de young cuisine.

Hormis les « anciens » du festival – comme Ivan Chichkine (Delicatessen), Alexeï Zimine et Ilya Chalev (Ragout) ou Nathan Dallimore et Natalie Horsting (Strelka bar) –, plusieurs autres chefs moscovites éminents ont participé à l’événement cette année : Isaak Correa (Correa’s, Montalto, BlackMarket), Dmitri Chourchakov (Tchaïka), Adrian Quetglas (Grand cru), Fabrice Salvador (Manon) entre autres.
Se conformant à l’un des principes de la « jeune cuisine créative » – préférer toujours les producteurs locaux –, les participants ont d’abord écumé la Mecque des chefs moscovites, le marché Dorogomilovski, afin de s’y approvisionner pour préparer leurs master-classes. Pendant que les Français flirtaient avec des vendeuses généreuses à tous points de vue, les Italiens dégustaient – et vantaient – concombres marinés et poissons séchés.
Chaque participant du festival a donc préparé trois plats surprenants d’ingéniosité en 40 minutes sous les yeux ébahis du public, même si au premier abord leur composition pouvait sembler effrayante. Bonbons à la vodka, glace au navet mariné, œufs au thé fumé, curry de coq de 60 jours, raviolis à la langue de cerf, dacquoise au kvas… Bref, on ne pouvait pas reprocher aux chefs de manquer d’imagination.
Parmi les « découvertes » du festival : le jeune chef russe Ivan Berezoutski, cuisinier du bar à vins pétersbourgeois Grand Cru – et pas seulement grâce à ses 26 ans, ses yeux bleus et ses cheveux blonds. Son éperlan (le poisson préféré des pétersbourgeois) servi dans une bouteille de vin coupée en deux, son ragondin cuit dans de l’écorce de bouleau ou son dessert à la « terre » de tournesol ont littéralement fait tourner les têtes.
Une bonne raison supplémentaire d’aller saluer cet été la Venise du Nord. Si ce n’est pour ses nuits blanches, au moins pour savourer les miracles, gastronomiques ou autres, du bel Ivan.
