Retour vers le futur ! A quelques semaines près, le scénario de cette année ressemble à celui de l’année dernière : mêmes sources d’inquiétude (l’Europe en général et la Grèce en particulier) et mêmes dégâts sur les marchés financiers.
La Grèce reste toujours le centre d’attention de la finance mondiale et les soubresauts politiques d’Athènes ont des résonances jusqu’à… Moscou ! Une sortie de l’euro du pays n’est plus taboue mais maintenant sérieusement étudiée : en dehors des considérations techniques sur les modalités d’une telle sortie, les risques de contagion sur les autres maillons faibles de la zone euro (Portugal, Espagne, Italie et pourquoi pas la France) inquiètent les investisseurs.
Depuis notre dernière chronique, l’indice parisien, le CAC40, a perdu plus de 6%, testant ainsi le seuil psychologique des 3 000 points.
En Russie, l’indice RTS, qui avait jusqu’a présent bien résisté, notamment grâce à des prix du pétrole élevés, s’est effondré, plongeant de près de 19% sur le dernier mois.

L’aversion globale aux risques n’a pas été sans conséquences pour la devise russe. En effet, depuis notre dernière chronique, le rouble a perdu de plus de 4% contre le panier EUR (45%) et USD (55%) mais seulement 2,5% contre l’euro (la devise unique s’étant également affaiblie contre le dollar).
Evolution du panier EUR (45%) et USD (55%) contre RUB depuis le 01/01/ 2012 :

Le nouveau gouvernement russe, annoncé par le tandem Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev le lundi 21 mai, transcrit une volonté de continuité. Au ministère des Finances, Anton Siluanov, qui avait ramplacé Alexeï Koudrine l’année dernière, a été reconduit dans ses fonctions. Alors qu’Elvira Nabiullina, en charge du Développement économique, quitte un ministère pour un poste de conseiller du président, en charge des questions économiques. Par ailleurs, aucun changement n’est pour l’instant annoncé à la Banque Centrale.
Boris Bruck, Responsable des activités de marchés, Rosbank

