Vladimir Poutine a dévoilé le 21 mai la composition de son nouveau gouvernement : des proches du président pour l’essentiel.
À l’Intérieur, le nouveau président a placé Vladimir Kolokoltsev, ancien chef de la police moscovite. Sa nomination a été saluée par tous les policiers de Moscou, qui se souviennent notamment de sa gestion des troubles de la place du Manège, en décembre 2010 – quand des militants nationalistes avaient provoqué de violents affrontements contre des ressortissants des républiques du Caucase. Vladimir Kolokoltsev – ancien serrurier, puis gardien des ambassades de Tanzanie et du Portugal à Moscou – était alors venu dialoguer avec les nationalistes et avait réussi à les calmer.
Le ministère de l’Education sera dirigé par un Dmitriï Livanov qui annonce déjà vouloir, dans l’enseignement supérieur, « réduire de moitié le nombre de postes financés par l’État ». « Quand nous en aurons fini avec l’enseignement supérieur gratuit et accessible à tous, d’autres mécanismes [de financement, ndlr] verront le jour, comme le crédit pour l’éducation, a-t-il déclaré. Une éducation de qualité coûte cher – si l’étudiant n’a pas les moyens de la financer, il pourra souscrire un crédit qui sera ensuite remboursé par son futur employeur ».
Veronika Skvortsova, descendante de cinq générations de médecins, occupera les fonctions de ministre de la Santé publique.
À 29 ans, Nikolaï Nikiforov devient le benjamin du gouvernement, en charge du ministère des Télécommunications. Originaire de Kazan, où il a suivi des études d’économie, il s’est fait remarquer dans la république tatare pour y avoir modernisé en profondeur le ministère des télécommunications, allant même jusqu’à permettre au président de signer des documents depuis son iPad.
À l’Agriculture, Poutine a placé Nikolaï Fedorov, ancien gouverneur de Tchouvachie qui enseignait le communisme à l’université sous l’Union soviétique. Germanophile, il plaide pour un rapprochement de la Russie avec l’Allemagne.
L’arrivée de Vladimir Medinski au ministère de la Culture a provoqué un choc dans les milieux culturels. Le nouveau ministre, membre du parti Russie Unie, est effectivement connu avant tout pour être l’auteur de trois ouvrages d’une valeur historique douteuse visant à « briser les mythes et stéréotypes concernant la Russie » : Ivrognerie, paresse et cruauté ; Le vol, le destin particulier de la Russie et la patience ; Sur la démocratie, la boue et la prison des peuples.
D’autres ministres ont toutefois été confirmés à leur poste : Sergueï Lavrov demeure aux Affaires étrangères et Anatoliy Serdioukov continuera de siéger à la Défense. Ce dernier, mal-aimé des militaires, a pourtant été reconduit pour mener à terme la réforme de l’armée (qui concerne surtout son réarmement, pour un coût total de 19 trillions de roubles, ou 478 milliards d’euros).
Les ministres destitués ne sont pas oubliés : tous rejoindront Vladimir Poutine au Kremlin et son administration présidentielle, en qualité de conseillers spéciaux. C’est le cas de Tatiana Golikova, ancienne ministre de la Santé, d’Elvira Nabioulina, ex-ministre du Développement économique, de Iouri Troutnev, ex-ministre des Ressources naturelles, d’Andreï Foursenko –jusqu’ici ministre de l’Education – ou encore d’Igor Chtcheglov, ancien ministre des Télécommunications.
Un remaniement qui fait dire aux commentateurs que le coeur de la prise de décision en Russie se situera désormais au niveau de l’administration présidentielle, dirigée par Sergueï Ivanov – les experts qualifiant déjà le nouvel exécutif, dirigé par Dmitriï Medvedev, de « gouvernement factice ».
- Anatoliy Serdioukov
- Sergueï Lavrov
- Vladimir Medinski
- Nikolaï Fedorov
- Nikolaï Nikiforov
- Veronika Skvortsova
- Dmitriï Livanov
- Vladimir Kolokoltsev
- Vladimir Poutine











et Hollande, d’apres vous, que fait-il ?