Le Fonds de lutte contre la corruption du célèbre blogueur Alekseï Navalnyï pourrait bientôt être financé par le prélèvement d’un pourcentage sur les transactions réalisées avec des cartes de crédit ou de débit.

L'opposant Alekseï Navalny
Selon Anna Vedouta, porte-parole d’Alekseï Navalnyï, ce dernier a passé un accord avec une banque dont le nom reste confidentiel. Il porte sur la mise en circulation dès juillet 2012 de cartes de paiement d’un genre particulier : 1% de chaque transaction réalisées avec ce type de carte serait directement transféré par la banque émettrice sur le compte du Fonds de lutte contre la corruption, l’organisation à but non lucratif créée par le blogueur en 2010.
L’agence Radar estime à 4 millions le nombre de souscripteurs potentiels d’un tel produit. L’aspect de la carte témoignera clairement du fait que son titulaire n’a pas peur et ne se fiche pas de la situation en Russie, a souligné Anna Vedouta.
Des risques certains
Même si le mode de souscription restera le même que pour n’importe quelle autre carte, leurs utilisateurs pourraient encourir certains risques. Le directeur adjoint d’une banque, qui a tenu à garder l’anonymat, estime qu’un partenariat avec le Fonds serait politiquement risqué car « Navalnyï est un ennemi du pouvoir et ce dernier pourrait créer des problèmes à n’importe quelle entreprise qui deviendrait son partenaire ».
L’organisation d’Alekseï Navalnyï est toujours à la recherche de financements transparents. D’après les calculs de son fondateur, le budget annuel de fonctionnement s’élève à 300 000 dollars. En février dernier, Alekseï Navalnyï avait notammment déclaré mener des négociations avec un consortium d’hommes d’affaires pour trouver les liquidités nécessaires.
Financement participatif
Mais ses démarches ne s’arrêtent pas là. Des discussions avec des personnalités publiques, telles que Sergueï Gouriev, recteur de la Haute Ecole d’Economie à Moscou, et sa femme, l’économiste Ekaterina Jouravskaïa, ont également eu lieu. « Apporter son soutien au Fonds de Navalny ne signifie pas forcément soutenir ses idées. Mais l’existence de ce genre de fonds publics est très importante pour le développement de la société et de la concurrence politique », a précisé Sergueï Gouriev.
Ce n’est pas la première fois qu’Alekseï Navalny fait appel à un financement participatif (crowd funding). Son site, Rospil, a été financé grâce à la participation de 20 000 internautes qui, à travers Yandex Money – le système de paiement électronique du premier moteur de recherche russe – avaient permis de récolter 8 millions de roubles (200 000 euros).

