Sergueï Choïgou remplacera Boris Gromov

Le gouverneur de la région de Moscou, Boris Gromov, a récemment démissionné pour entrer au Sénat. Qui allait le remplacer ? 

« Cette question m’importe beaucoup, déclarait alors le président russe Dmitriï Medvedev. Car je vis moi aussi dans la région de Moscou. On trouvera sans aucun doute quelqu’un de bien », promettait-il.

Quelqu’un de bien – on sait désormais qui. Sergueï Choïgou, ancien ministre des situations d’urgence, prendra la tête de la région, deuxième après la ville de Moscou avec 7 millions d’habitants. Moscou et sa région représentent en effet deux entités administratives distinctes, gérées chacune par un dirigeant propre. Et Sergueï Choïgou devra désormais travailler en étroite collaboration avec le maire de Moscou, Sergueï Sobianine.

Que ceux qui pointent sans cesse la xénophobie des Russes envers leurs concitoyens non-slaves d’origine en prennent pour leur grade : Choïgou et Sobianine prouvent qu’il est possible d’être Russe, non slave et d’occuper des postes de direction.

Choïgou est Touvain, un peuple turc de Sibérie, et Sobianine Mansy, peuple finno-ougrien, proche des Estoniens. Les experts se perdent en conjonctures, tentant d’établir dans quelle mesure les origines ethniques des deux chefs régionaux les aideront à s’entendre. L’un comme l’autre y ont intérêt, dans la perspective – qui se rapproche – d’un des grands chantiers annoncés par Medvedev : Moscou va bientôt s’étendre sur une partie de la région Sud-Ouest et s’agrandir ainsi de 150 000 ha.

Gérer cette cession – telle sera la grande tâche des deux administrations. Choïgou risque de s’ennuyer. Réconcilier les intérêts des propriétaires terriens est en effet moins excitant que d’organiser des missions nationales de sauvetage. Pourtant, il se pourrait que les compétences acquises à son ancien poste lui soient utiles.

On ne peut oublier l’été 2010 et les incendies de forêt dans la région de Moscou qui avaient plongé la ville dans un brouillard jaune, semblant tout droit sorti d’un film de science-fiction. Gromov n’était pas véritablement parvenu à maîtriser les feux de tourbe à l’origine des incendies, malgré les sommes importantes allouées à ces fins. En 2011, les forêts s’enflammaient de nouveau. Espérons que son successeur aura plus de succès.

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