Domodedovo : La vie ne s’est pas arrêtée

Retour sur l’attaque terroriste du 24 janvier 2011 à l’aéroport de Moscou Domodedovo et premières analyses sélectionnées par Le Courrier de Russie (1/3)

Pas de panique

Selon l’enquête, c’est un kamikaze qui a fait détonner l’explosif au milieu de la foule qui s’était accumulée dans la salle d’arrivée. D’après les témoignages, un homme a crié son nom, son origine et son âge : 35 ans. « Vous allez mourir », tels ont été les derniers propos qu’il a prononcés et l’explosion a retenti. [...] D’après les informations, trois personnes sont  recherchées. [...]

La triste expérience de la Russie dans la gestion des conséquences des attentats a aidé tous les services à réagir promptement et efficacement. Selon les témoins oculaires, il n’y a pas eu de panique. Les médecins étaient sur les lieux de la tragédie quelques minutes après l’explosion. Des chirurgiens et des traumatologues étaient également présents.

Business as usual

Quelques heures seulement après l’attaque d’un poseur de bombe kamikaze au niveau du terminal international de l’aéroport le plus fréquenté de Moscou, des passagers débarquant de  vols en provenance de l’étranger empruntaient  ce même terminal, où les corps venaient tout juste d’être déplacés. […] L’aéroport de Domodedovo est un nœud de transport important pour Moscou et les autorités ont décidé de le garder ouvert. Des bâches de plastique bleu étaient simplement suspendues pour cacher la scène. Les gens continuaient d’arriver pour récupérer leurs proches ou embarquer sur des vols quittant la capitale. Comme si employés, passagers, et Moscovites en général, affichaient leur marque singulière de stoïcisme, sinon de fatalisme. […]

La bombe a détonné peu après 16:30 dans l’espace d’attente situé de l’autre côté de la douane, habituellement peuplé de chauffeurs de taxi et de parents des passagers. Elena Zatserkovnaïa, qui travaille au comptoir de Lufthansa, s’est précipitée jusqu’au lieu de l’explosion, aussitôt après l’avoir entendue, pour apporter son aide. Mais elle a dû, sans tarder, retourner à son poste, situé à quelques mètres, afin d’enregistrer les passagers venant prendre leur vol. […] À l’extérieur, dans la nuit glaciale, les chauffeurs de taxi se réconfortaient les uns les autres suite à la tragédie qui venait d’emporter leurs collègues. Une rumeur circulait selon laquelle sept d’entre eux avaient été tués. Mais ils ont ensuite repris le travail, arpentant le terminal à la recherche de clients. Et de nombreux passagers continuaient de sortir à travers le froid, à la recherche d’un taxi qui les conduirait chez eux.

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