La grande terreur a-t-elle aidé Staline à gagner la guerre ? Les Russes souhaitent-ils l’avènement d’un nouveau dictateur ? Le peuple a-t-il réellement une tolérance particulière à la violence ? Que de questions maudites pour tous ceux qui s’inquiètent de l’avenir de la Russie. Pour mesurer la « menace russe » et déterminer la véritable place que la violence occupe dans la conscience nationale, nous avons interrogé un historien, un psychologue et un philosophe. Analyse contrastée entre mythes démolis et thèses inattendues.
Violence et « nécessaire » modernisation
« Nos gens n’obéissent jamais de bon coeur », se désolait Pierre le Grand. Tant pis pour eux. C’est à coups de trique qu’il fallut les mener vers le progrès et la civilisation. Le peuple a souffert mais ses sacrifices ont porté leurs fruits : la Russie sauvage et arriérée s’est transformée en l’espace d’une décennie en un état moderne et puissant. C’est ce que la majorité des Russes s’obstinent à croire. Rien d’étonnant : voici trois siècles que leurs livres d’école justifient la violence étatique exercée à des fins de modernisation. Ivan le Terrible, Pierre Ier et Joseph Staline ont – certes – donné la mort à des milliers de sujets, mais c’est à ce prix que la Russie a pu avancer dans son développement, affirmaient et affirment les auteurs de manuels scolaires.
Et ça fait seulement vingt ans qu’un certain nombre de chercheurs s’attaquent à cette conception. Nikita Sokolov, rédacteur en chef adjoint de la revue Otetchestvennye Zapiski¹ en fait partie. « La violence étatique n’engendre pas la modernisation d’une société mais sa dégradation, assure-t-il. La politique de ces trois monarques qui ont terrorisé et exterminé la population a eu les conséquences les plus néfastes sur le développement la Russie. Mais nos manuels n’en parlent pas. Les auteurs accablent les successeurs des tyrans mais jamais les tyrans eux-mêmes. » Pour preuve : après le règne d’Ivan le Terrible, l’État russe se disloque et plonge dans la période des troubles. Les réformes de Pierre Ier conduisent à la disparition de la mobilité sociale : les gens naissent et meurent nobles ou esclaves. La société se fige dans son développement. La politique de Staline cause la destruction de l’agriculture. Ses répressions contaminent les mentalités par la méfiance générale. Sous l’effet de la grande terreur, la société perd l’esprit d’entraide et de solidarité : elle s’atomise et devient hostile à toute forme d’association. Les gens refusent de coopérer avec le pouvoir et s’en distancient au maximum. Où en est la modernisation ? Pourquoi les noms des trois dictateurs les plus sanguinaires de l’histoire du pays sont-ils associés dans l’esprit des gens à l’idée de progrès ? « Les historiens russes calculent la modernisation en nombre de victoires militaires, explique Nikita Sokolov. Ils se désintéressent de l’état de la société, de ses degrés d’ouverture et de mobilité, de sa capacité d’organisation et de création, c’est-à-dire des véritables critères d’une modernisation. »
Nikita Sokolov précise que cette nouvelle lecture peine à être acceptée même dans les sphères académiques : « Elle remet en question l’ensemble de la tradition historiographique russe, élaborée sous la houlette des empereurs russes aux XVIIIe et XIXe siècles et perfectionnée par le partisan le plus ardent de la violence étatique, Joseph Staline. » C’est de sa propre main que l’ami des enfants et des parachutistes avait porté ses touches finales aux livres d’histoire soviétiques. Staline a notamment précisé que les répressions menées par Ivan le Terrible avaient permis la consolidation de l’État russe et conditionné son triomphe sur les Tatars. C’est en 1937 – pendant que sur tout le territoire de son empire des fours crématoires brûlaient jour et nuit pour anéantir les restes des ennemis perfides – que Staline a décidé de s’atteler à l’édification de la jeunesse. Le chef de l’État soviétique devait en effet particulièrement tenir à persuader ses sujets qu’aucune avancée n’est possible sans des efforts surhumains. Se serait-il adonné sinon à la réécriture des manuels scolaires, à une heure où tant de vivants tremblaient dans l’attente d’une visite nocturne des serviteurs de sa police secrète ?
« Les Russes aiment la main de fer » ?
Se sacrifier pour le triomphe de la cause suprême, les Russes savent faire, depuis longtemps. Au XVIIe siècle, ils descendaient docilement dans les marais de Carélie pour en joncher les fonds de leurs corps meurtris. Sur ces fondements ont été édifiés les palais impériaux de Pétersbourg. Deux cents ans plus tard, les mêmes abîmes s’ouvraient devant les enfants des constructeurs de la ville de Saint Pierre. Désignés par le doigt du Tyran, ils creusaient la terre en unissant la Volga au Don et la mer Blanche à la mer Baltique pour périr, une fois la tâche accomplie, dans leurs eaux indifférentes. L’acceptation totale de la violence infligée par un être supérieur a-t-elle survécu en Russie au régime totalitaire ? « Non », affirme avec certitude Sergueï Enikolopov, médecin, président du département de criminologie à l’université de psychologie et de pédagogie de Moscou. « Les Russes ne rêvent pas d’être gouvernés d’une main ferme. Ils n’ont pas non plus de tolérance particulière à la violence étatique. Il s’agit d’un mythe soutenu par les autorités et exploité par les médias. » L’image d’un peuple esclave n’obéissant que sous menace du châtiment – à laquelle les étrangers soucieux de pénétrer les recoins de la mystérieuse « âme slave » aiment se référer – reste en effet très répandue dans la conscience collective des Russes. Comment expliquer dans le cas contraire l’arrivée de Staline en troisième position dans un récent sondage télévisé sur les personnalités russes les plus marquantes ?² L’apparition de ses portraits dans les rues des villes russes pour la fête de la Victoire ? Son effigie placée à côté de celle de Nicolas II dans la cellule du doyen du monastère Bogolioubovo ?³ « L’image de Staline demeure indéniablement très présente dans les esprits, commente Sergueï Enikolopov. Mais pour les gens, elle incarne l’ordre et la discipline plutôt que les représailles et la violence. » Les Russes font sortir l’ombre de Staline des tréfonds de leur mémoire pour exprimer leur agacement face au régime et à un gouvernement qui se soucie peu de leurs besoins. Comment ne pas appeler Staline quand un médecin refuse d’hospitaliser votre enfant mourant sous prétexte que vous êtes enregistré dans un autre hôpital⁴ ; quand des dealers proposent à vos petits de l’héroïne dans des toilettes publiques ; quand une bande de jeunes terrorisent votre ville, violent des femmes, pillent des maisons et bénéficient du soutien tacite de la police⁵ ? Dans ces situations, prononcer le nom de Staline équivaut à dire merde au désordre ; à l’impunité et à l’irresponsabilité ambiantes. « Les Russes veulent une police qui les défend et des lois effectives, et c’est à cela qu’ils pensent en évoquant Staline », précise Sergueï Enikolopov. Inutile donc, pour le médecin, d’aller chercher de la « spécificité nationale » dans l’attitude des Russes envers la violence. « Les Russes sont probablement plus résistants que d’autres peuples européens. Peu gâtés par leur géographie et leur histoire, ils supportent plus facilement les épreuves et se montrent plus réservés dans la démonstration de leurs émotions face aux grands malheurs. Mais ils souffrent des sévices infligés par leurs chefs d’état et ne sont nullement fascinés par la violence en tant que telle. »
« La violence aux mains du peuple n’est pas la violence, mais la justice » (Eva Peron)
Le mal par le mal
Pour déterminer la place de la violence dans les relations entre population et État, le chercheur russe Aleksandr Akhiezer fait appel à l’héritage du perse Mani, philosophe vagabond qui a exploré les terres de la Mésopotamie et appris à ses habitants l’abstinence, la douceur et l’amour de la poésie. Si le fondateur du manichéisme n’est jamais passé par la Russie, sa distinction du monde en royaumes de la Lumière et des Ténèbres, sa séparation claire du Bien et du Mal et son analyse de la réalité comme un combat permanent entre ces deux puissances y a toujours trouvé un large écho. « Le manichéisme est plus qu’une religion, écrit Akhiezer. C’est une étape historique dans l’évolution des mentalités. » C’est aussi une vision du monde qu’une immense majorité de Russes partagent, sans nécessairement s’en rendre compte. Sans formuler leurs convictions en propos, ils savent qu’une bonne guerre est plus franche que les recherches d’un compromis, que la vie est un combat, et qu’il faut choisir son camp une fois pour toutes.
« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi », avait proclamé Jésus désespéré. « Celui qui n’est pas avec nous est contre nous », reprirent joyeusement les bolcheviques. Leur régime a chuté, mais le slogan est toujours d’actualité. Ici, on joue à pile ou face. On fait des choix. On est pour les Blancs ou pour les Rouges. Pour les Juifs ou pour les Arabes. On voyage en Inde ou aux États-Unis. On lit Ayn Rand ou Prilepine. Jamais les deux, car il faut conserver son intégrité et, si l’on adopte de nouvelles convictions, ce n’est qu’à condition d’avoir abandonné en profondeur les précédentes.
Effrayante Union
Dans cette conception de la vie, le conflit n’est pas un dysfonctionnement du mécanisme des relations humaines, comme il est perçu dans les cultures occidentales. Il est le fondement même de l’existence. Dans l’imaginaire russe, une guerre peut être chaude ou froide – mais jamais virtuelle. Une vie sans ennemis serait insipide et l’État russe s’en cherche avidement à toutes les étapes de son développement. Cette idéologie de la « forteresse assiégée » atteint son apogée avec les soixante-dix ans du règne des communistes. L’URSS est, pour ses habitants, une oasis du Bien dans le désert du Mal, un îlot de liberté dans une mer d’oppression et de tyrannie. Manichéens de la tête aux pieds, les chefs de l’État soviétique peignent leur Empire en véritable royaume de la Lumière engagé dans la lutte contre le monde des Ténèbres.
Les pays qui faisaient partie du bloc soviétique étaient des « amis » parce qu’ils étaient du bon côté. Et les autres ne pouvaient donc être que des « ennemis ». Sinon pourquoi étaient-ils de l’autre côté des barricades ? On ne pouvait, en conséquence, que les combattre ou les faire rentrer dans le « bon camp ». Cette idéologie, qui a porté la politique étrangère de l’URSS, est encore parfaitement perceptible dans la Russie d’aujourd’hui… C’est toujours l’image d’un « ennemi » qui soude la population, et c’est probablement la seule.
Décembristes et Stratégie 31
Cette même opposition des mondes du Bien et du Mal régit, selon Aleksandr Akhiezer, les relations à l’intérieur du pays, entre l’État et la population. Depuis le temps des tsars, les hommes d’État russes s’imaginent incarner le Bien absolu. C’est eux qui « bossent comme des esclaves aux galères » (sic) pour le bien du pays et le font avancer à grande vitesse. Le peuple, dans leur pensée, ne devrait qu’apprécier leurs efforts et éprouver à leur égard la plus profonde gratitude. On sait que Nicolas II est resté persuadé jusqu’à ses derniers jours que « son » peuple l’aimait.
À l’instar des empereurs chinois, les chefs d’État russes sont persuadés de gouverner le royaume de la Lumière, peuplé de sujets reconnaissants. Grande est leur déception quand ils trouvent dans leur troupeau des brebis galeuses ne souhaitant pas obéir aux bergers et semant la discorde parmi leurs compagnes. Ces bêtes ingrates passent immédiatement, dans la conscience des dirigeants, dans le camp « ennemi ». Puisqu’elles refusent de vivre dans le royaume de la Lumière, elles ne peuvent être que des messagers des Ténèbres. Il est dès lors du devoir des gardiens du Bien de les exterminer… Ainsi le pouvoir russe, à toutes les époques, préfère-t-il, face aux rebelles, la violence au dialogue. Ainsi furent réprimés les décembristes, la manifestation pacifique du 9 janvier 1905, et tous les participants des Marches de ceux qui ne sont pas d’accord.
Dans son rapport au pouvoir, la population fait également part, de son côté, d’un manichéisme sans bornes. Dans cette vision des choses, c’est le peuple russe qui incarne la Lumière et l’État, les Ténèbres. Privé des moyens de combattre, le peuple fuit. Pour des générations de Russes, l’État constitue un monde à part, étrange et hostile. « Coopérer » est une trahison. De là notamment l’apolitisme général des Russes. Ils sont peu nombreux à descendre sur la place Trioumphalnaïa le 31 de chaque mois, car ils n’éprouvent en fait, à l’égard de ceux qui possèdent le pouvoir comme de ceux qui veulent le prendre, qu’un mépris égal et profond.
« Tout pouvoir est une violence exercée sur les gens » (Mikhaïl Boulgakov)
Le peuple et l’État : mariage sans amour ni raison
Les autorités justifient les actes de répression par la « nécessité de préserver l’ordre social ». Il faut reconnaître qu’à chaque fois que les dirigeants russes ont lâché la bride, que ce soit sous Aleksandr II, Nicolas II ou Gorbatchev, une multitude de conflits intérieurs qui minaient la société sont remontés à la surface et ont tenté de la faire exploser… Avec l’affaiblissement de l’État venaient assassinats des monarques, révolutions et coups d’État.
Pour les prévenir, l’État s’affirme obligé de surveiller le déroulement des conflits intérieurs et d’empêcher leur escalade. Prétexte que les dirigeants utilisent depuis des siècles pour se mêler sans vergogne de la vie privée de leurs sujets. L’État prescrit à la population la bonne façon de manger et de s’habiller, décide de ses lectures et spectacles. Il tente également de contrôler les pensées, obligeant les prêtres à dénoncer les paroissiens énonçant des idées anti-étatiques (depuis Pierre Premier), ou instaurant dans les écoles des organisations de « pionniers » censés veiller à l’« intégrité morale » des futurs bâtisseurs de l’avenir radieux.
Telle une femme possessive et jalouse, l’État russe ne laisse à son « mari le peuple » aucun espace privé. Elle fouille ses tiroirs, lit ses messages et, la nuit, le tient par la main afin qu’il ne s’échappe pas chez une autre plus libérale et émancipée. Le peuple, contraint à cette cohabitation forcée, concède une « nuit d’amour » une fois tous les quatre ans, à la venue des grandes élections. Le reste du temps, il feint tant bien que mal l’affection et le dévouement avec un seul objectif : qu’on le laisse tranquille. S’il finit par s’adapter à cette vie étouffante, c’est en chérissant en permanence un rêve de fuite. L’histoire du peuple russe, c’est une tentative d’évasion perpétuelle. Au temps de la sainte Russie, il partait dans des îles désertes et s’isolait dans des monastères, à la période soviétique, il repartait dans les bois pour des randonnées sans fin, sac à dos et guitare pour tous bagages… Une clairière perdue dans les forêts était le « répit » mérité, un moment béni où il pouvait oublier ses obligations sacrées envers son épouse Patrie.
Néanmoins, il finit toujours par retourner dans son foyer suffocant auprès de sa femme envahissante. Sa présence lui est nécessaire : elle seule sait freiner ses excès et stopper ses tentatives d’auto-destruction. Certes, avec elle, il ne vit qu’à moitié, respirant à peine. Mais sans elle il ne vit plus. Il sait qu’un jour il la quittera à jamais pour retrouver la réconciliation, la liberté et la mort imminente. Le comte Tolstoï – qui a fui sa maison, sa femme et ses enfants par une nuit d’octobre 1910 pour regagner l’éternité quelques jours plus tard, dans une gare isolée – lui a donné l’exemple.
- Inna Doulkina
- Illustration : Anna Marchi
Intervenants
- SERGUEÏ ENIKOLOPOV, né en 1948. Diplômé de la faculté de psychologie du MGU Lomonossov, psychologue. Étudie le phénomène de la violence. Président du département de psychologie médicale du Centre scientifique de la santé psychique au sein de l’Académie des Sciences, président du département de criminologie à l’Université de Moscou de psychologie et de pédagogie.
- ALEKSANDR AKHIEZER (1929-2007), philosophe russe, sociologue. Étudiait les lois qui régissent les processus historiques. Diplômé de l’Institut de Moscou du Plan général de l’URSS. Docteur en philosophie. A travaillé à l’Institut du mouvement international des travailleurs et au Centre de la démographie et de l’écologie de l’homme (1991-2007). Auteur de la théorie de l’évolution socio-culturelle. Auteur de l’ouvrage Russie : critique de l’expérience historique. Manuscrit rédigé dans les années 1970 et confisqué par le KGB en 1982, le texte a été réécrit et publié en 1991, devenant un ouvrage de référence dans les milieux intellectuels russes.
- NIKITA SOKOLOV, né en 1957. Diplômé de l’Université russe des sciences humaines (RGGU), historien. Rédacteur des magazines Itogui (1996-2002), The New Times (2009), Vokroug Sveta (jusqu’aujourd’hui), rédacteur en chef adjoint de la revue Otetchestvennye Zapiski.
1 Otetchestvennye Zapiski (Ecrits du pays). Revue intellectuelle d’analyse des différents aspects de la société russe : de l’armée à l’hôpital en passant par l’église et l’éducation. La revue est sortie de 2001 à 2008. La publication a été suspendue sous l’effet de la crise financière.
2 Staline est arrivé en troisième position dans un sondage sur les personnalités russes les plus éminentes réalisé par la chaîne Rossia en 2008. L’émission s’intitulait Imia Rossii (Le Nom de la Russie). Le titre du Russe le plus éminent est revenu à Aleksandr Nevskiï. La « médaille d’argent » a été décernée à Piotr Stolypine.
3 L’archimandrite Piotr Koutcher, ex-doyen du monastère de Bogolioubovo, dans la région de Vladimir, possède dans sa cellule le portrait de Staline, qu’il considère comme un « dirigeant offert par Dieu ». Dans son opinion, l’archimandrite Piotr peut être rapproché du mouvement des « stalinistes orthodoxes » qui prêchent le conservatisme, le monarchisme et l’anti-globalisme tout en « reconnaissant les progrès de l’ère soviétique ».
4 Le 11 novembre 2010, Maksim Maksimov, âgé de huit mois, est mort dans le service de réanimation d’un hôpital de Novossibirsk. La veille au matin, sa mère, découvrant que le bébé respirait avec difficulté, avait appelé les urgences. L’ambulance a tenté de confier l’enfant à plusieurs cliniques de proximité, qui ont toutes refusé l’hospitalisation sous prétexte que le patient, enregistré dans un autre quartier, devait être soigné par l’hôpital qui s’y situait.
5 Douze personnes dont quatre enfants ont trouvé la mort le 4 novembre dans la ville de Kouchevskaïa, région de Krasnodar. Le massacre a été commis par des membres d’une mafia locale qui, sous la houlette du député local Sergueï Tsapok, terrorisait la ville depuis vingt ans grâce au parrainage de la police.
