Depuis deux ans, Florence Gervais d’Aldin développe une serre de production de roses rares à Babynino, un village perdu en pleine campagne à 40 kilomètres de Kalouga. Le Courrier de Russie est allé à la découverte de ce projet unique en Russie.

Florence Gervais d’Aldin © Irina Mann - Tous droits réservés
Dans cette petite entreprise de production de roses rares, il n’y a pas véritablement de logique. « Tout fonctionne au feeling », explique Florence Gervais d’Aldin, directrice de la société Feïa Rozi (Fée de la Rose). Voici deux ans qu’elle tente de promouvoir des roses… qui sentent, chose jusqu’alors inexistante sur le marché russe. « Nous tâtons le marché et le découvrons peu à peu, il n’y a donc pas de plan préétabli dans notre démarche professionnelle », confie Florence, qui réside en Russie depuis maintenant 18 ans.
Un projet original qui a coûté, à ce jour, 6 millions d’euros à ses actionnaires, dont Florence fait partie. La nouveauté vient « du choix de variétés rares et peu productives », indique-t-elle. Il n’existe pas de production de roses parfumées en Russie, ni même de production « de haute qualité comme la nôtre », reprend-t-elle. Le marché des fleurs en Russie correspond à une production de masse privilégiant le rendement maximal au m² et la résistance, avec une tenue pouvant aller jusqu’à 15 jours. Voilà pourquoi les roses que l’on trouve chez les fleuristes sont réfrigérées et n’ont plus aucune odeur. Les roses produites par Feïa Rozi conservent leur parfum, mais elles sont fragiles : leur durée de vie est de 5 à 7 jours maximum. « Nous cultivons principalement des roses de jardin afin de redécouvrir un produit qui s’est raréfié sous la pression de la consommation de masse », souligne la chef d’entreprise.
Un peu par hasard et parce que le marché des fleurs est porteur en Russie, Florence, ancien trader chez Sucres et Denrées Russie, s’est lancée dans ce projet en juin 2006. Il a d’abord fallu choisir un lieu. Pas trop près de Moscou « parce que les terrains coûtent bien trop cher », et pas trop loin non plus « pour ne pas être isolé des clients ». Le choix du site s’est aussi fait par opportunité. « Je connaissais les propriétaires », explique Florence. Et le lieu s’est avéré « idéal », la région de Kalouga étant devenue la première zone d’investissements en Russie. En juillet 2007, le terrain, alors « sans eau ni électricité », commence à se transformer petit à petit en serre de production de roses.
Aujourd’hui, Feïa Rozi, c’est une serre d’un hectare dans laquelle 90 000 plants de 13 variétés différentes de roses sont bichonnés par 30 employés russes. Ces 13 variétés ont été créées par des obtenteurs (producteurs d’espèces végétales) puis greffées par un reproducteur de roses en France, dans le Var, avant d’êtres importées en Russie jusqu’à la serre de Feïa Rozi. À leur arrivée à Babynino, elles sont plantées dans des bacs remplis de granules de perlite, roche naturelle à base de silice, sous la serre où elles bénéficient d’une température, d’un taux d’humidité et d’un apport en eau appropriés à leur nature. Ces trois éléments sont commandés par gestion automatique à partir d’un ordinateur. Les consignes sont données par un technicien compétent. Ce type de production n’existant pas en Russie, « au départ, personne ne savait s’en occuper », note cette chef d’entreprise qui a dû mettre la main à la pâte pour la survie du projet.
Un bourgeonnement chaotique
Le démarrage du projet n’est pas allé sans encombre. La construction de la serre, prévue pour l’été 2007, a finalement dû attendre octobre 2007. « On ne nous avait pas livré les bonnes pièces », explique Florence. Faute de matériel, les roses n’ont pas pu être plantées durant l’hiver 2007-2008. « Nous avons eu nos premières fleurs en juillet 2008 ». Puis, des problèmes d’électricité rencontrés lors de l’hiver 2008-2009 ont stoppé toute production. « Sans lumière ni chaleur, nous ne pouvions rien faire pousser ». Et, en septembre 2009, « nous avons effectué une remise à niveau de toute la technique et du savoir faire nécessaires pour la pérennisation de la production », explique la patronne. Mais c’est alors que survint la canicule de l’été dernier… Aujourd’hui, la société Feïa Rozi se stabilise enfin et peut se lancer sur le marché de la rose sans craindre la compétition. « Nous n’avons pas de concurrent direct puisque personne ne produit de roses parfumées en Russie ni ne peut en importer du fait de leur fragilité », explique Florence dont le but est de rendre son projet rentable. « En mars prochain, nous devrions atteindre notre maximum de capacité de production, c’est-à-dire avoir trouvé un équilibre entre quantité et qualité », annonce-t-elle.
Les clients sont ciblés. Ce sont essentiellement des fleuristes moscovites haut de gamme, mais aussi des groupes organisant des événements, des hôtels ou certaines entreprises comme La Marée, fournisseur de produits de la mer à Moscou.

Florence Gervais d’Aldin © Irina Mann - Tous droits réservés
La Russie importe 90% des fleurs commercialisées sur son marché intérieur, dont la moitié de Hollande.
Un marché de niche
Chaque jour, environ 3000 roses quittent la serre en direction de Moscou. Une tige est facturée 95 roubles aux commerçants. Mais les prix en boutique varient. « Il y a ceux qui prennent de la marge et pas de volume, et l’inverse », explique Florence. Le coût d’une tige varie donc entre 170 et 400 roubles selon les choix commerciaux des fleuristes. En revanche, le prix au départ de Feïa Rozi ne varie jamais. « Nous préférons jeter les roses plutôt que les brader », explique Florence qui soutient que « l’image de production haut de gamme de Feïa Rozi en souffrirait ». Gérer les pertes est un vrai challenge pour une société qui produit du périssable, même si les roses sont livrées aux fleuristes entre 24 et 36h après leur récolte. Aux pertes commerciales s’ajoutent les pertes dues au manque de vigilance qui peuvent se produire dans une usine en plein rodage. Problèmes techniques, erreurs de dosage, oublis… les raisons sont multiples. « Un jour, nous avons perdu 100% des roses d’une parcelle à cause d’un problème de lumière », explique Florence. Le volume des pertes reste irrégulier : « Un jour c’est 70 %, un autre 0%, aujourd’hui c’est plus autour de 25% ». Mais pour l’heure, ces chiffres ne veulent pas dire grand chose : « Nous n’avons pas assez de recul pour estimer les pertes, mais nous sommes en train de créer une base de données permettant de réaliser des courbes de croissance ». La prochaine étape consistera à recycler les pertes. Un nouveau projet pour l’été, qui aura pour but de transformer du périssable en non périssable – pots-pourris, savons, bougies… « Nous les vendrons à des grossistes qui les distribueront sur le marché en grande quantité », indique-t-elle.
Installée depuis deux ans à Kalouga alors que son marché est à Moscou, Florence aimerait se réinstaller dans la capitale dès le mois de juin prochain : « Ma réussite serait que la serre fonctionne sans moi ».
En savoir plus : Les critères de productions de roses en Russie
Produire des roses en Russie implique des investissements plus lourds qu’au Kenya par exemple. Manque d’ensoleillement, températures basses, gel… Feïa Rozi a dû investir dans différents matériaux pour pallier aux particularités climatiques du pays : lampes, chauffage, vaporisateurs d’humidité…
De la récolte à la livraison
Dans la serre de production de roses Feïa Rozi, il y a deux récoltes par jour. Les roses récoltées le matin sont triées l’après-midi (coupées, calibrées et rassemblées en paquet de 20) puis livrées le lendemain matin après avoir passé la nuit au réfrigérateur et distribuées dans la foulée aux clients à Moscou, par camion réfrigéré. Celles qui sont triées le soir passent la nuit au réfrigérateur avant d’être triées et livrées le lendemain matin.
À quelle période de l’année les fleurs se vendent-elles le mieux ?
Les Russes sont de gros consommateurs de fleurs, mais elles se vendent principalement d’octobre à juin avec notamment un pic en février, lors de la Saint Valentin, et en mars pour la Journée des femmes. Ce jour, certains fleuristes font parfois jusqu’à 50% de leur chiffre d’affaires.
Où trouver les roses Feïa Rozi ?
Organica
Bolchoi Patriarchiï pereoulok, 8
Samson Bouket
Tverskoi Boulvar 19/1, str. 1
Herbarium
Leningradskoe Chosse 16a, str. 4; centre commercial
Metropolis – Domachniaïa kollektsia
Koutouzovskiï prospekt, 22
GABRIELLE LECLAIR

J AIMERAIS AVOIR L ADRESSE MAIL DE CETTE ENTREPRISE MERCI
bonjour monsieur,
voici l’adresse: fay1@fragrantrose.ru
merci a nina fasciaux qui ma donné cette adresse de fei rozi
A NINA FASCIAUX une idée de reportage pour votre journal la culture russe de la cote d’ azur en france eglise russe a de nice il y a un specialiste sur ce sujet obolinsky il a travailler a l universitée de nice rechercher sur facebook