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Mais que fait la police ?

Un article extrait de la presse russe traduit en français pour Le Courrier de Russie.

Contrôle au garde à vous

Un nouveau délit commis par des agents de la milice provoque des vérifications massives dans les rangs du GOuVD

On se prépare, au GOuVD (département du ministère de l’intérieur, ndt) de la capitale, à des contrôles d’envergure. Suite à l’enlèvement d’un chef d’entreprise par des agents de la milice, le premier adjoint au ministre de l’intérieur Mikhaïl Soukhodolskiï a ordonné aux responsables du département de sécurité et de maintien de l’ordre d’enquêter sur ce qui a rendu possible ces événements.

« Les vérifications concerneront aussi la façon dont les agents sont recrutés ainsi que  le déroulement du service », peut-on lire dans le communiqué diffusé dimanche par le service de presse du MVD (ministère de l’intérieur, ndt) de la Fédération de Russie.

(…)

Ces contrôles sont liés à l’enlèvement par des agents de la milice d’un chef d’entreprise.

Samedi 28 août, quatre miliciens suspectés d’enlèvement ont été arrêtés dans l’ouest de Moscou.

D’après la représentante du GOuVD de la capitale, Janna Ojimina, des agents de la milice, suivant les ordres, ont arrêté une Ford Focus noire qui portait, comme l’a révélé l’enquête, un faux numéro d’immatriculation. Dans le véhicule se trouvaient quatre individus : tous des représentants des forces de l’ordre. Dans le coffre de l’automobile, les miliciens ont découvert un homme.

Selon Ojimina, l’épouse de l’homme kidnappé s’était présentée plus tôt au commissariat, déclarant que son mari avait été enlevé dans le hall de son immeuble et emporté vers une destination inconnue.

L’opération « Interception », lancée dans la ville, a permis d’arrêter les ravisseurs à chaud.

Le jour même, Hamid Abdriakhimov, directeur de la sécurité civile de l’arrondissement administratif du nord et supérieur des agents arrêtés, a été destitué de ses fonctions.

Le soir du 28 août, le Parquet de Moscou a lancé une affaire pénale à l’encontre des quatre miliciens, dont les noms ont été dévoilés par la suite. Il s’agit du commandant adjoint du service de patrouille et de faction Maksim Alissov et des miliciens Artem Panassenko, Mikhaïl Merkoulov et Evgueniï Di-Modugno.

L’affaire se rapporte à l’article 126 du code pénal de la FR (« enlèvement de personnes »), qui prévoit une peine maximale de 20 ans d’emprisonnement.

On a appris dimanche que les miliciens arrêtés dans l’affaire de l’enlèvement étaient également soupçonnés de participation à un cambriolage récent sur Stariï Arbat, au cours duquel des individus portant des uniformes de la milice avaient volé au client d’une banque près de 10 millions de roubles.

Lundi 23 août, dans le centre de Moscou, quatre inconnus portant des masques et des uniformes de l’OMON ont volé au client d’une banque un sac contenant plus de 10 millions de roubles. Proférant des menaces, les voleurs ont pris à l’homme son sac, et volé à son garde du corps son revolver Ij-71 avant de s’enfuir dans un minibus Volkswagen, qui a été retrouvé plus tard abandonné. « Les enquêteurs ont toutes les raisons de présumer que les collaborateurs du GOuVD arrêtés pour l’enlèvement ont un lien avec l’affaire du vol », a déclaré à RIA Novosti une source au sein des forces de l’ordre.

L’ensemble se déroule sur fond de réforme massive du MVD, annoncée par le président Dmitriï Medvedev dès décembre 2009. Le président avait alors souligné le manque de confiance de la part de la population dans la structure et déclaré indispensable un renouvellement des cadres en profondeur. La nouvelle loi a été préparée par le département de l’intérieur lui-même, avec la participation d’experts. Actuellement, le projet de loi est prêt et en est au stade de l’étude par la société. Tous ceux qui le souhaitent peuvent laisser un avis et émettre des propositions sur un site spécialement créé à cette fin.

Pourtant, les infractions à la loi commises par des miliciens apparaissent à tout bout de champ à l’ordre du jour. Très récemment, on a appris qu’une enquête pénale était lancée dans l’affaire de l’« enseigne aux perles » : surnom donné à un milicien qui a frappé des manifestants pacifiques à Saint-Pétersbourg. Les événements ont été filmés et l’homme porte un chapelet de perles enroulé autour du poignet. La vidéo a été vue par des millions d’utilisateurs du Net et, seulement après cette diffusion, le GOuVD de Saint-Pétersbourg a reconnu l’existence du délit.

Une autre affaire a provoqué un large écho dans la société, concernant un agent de la police routière (DPS) de Touva qui a tiré sur un lycéen de 17 ans. Le 24 octobre de l’année dernière, trois inspecteurs du DPS ont arrêté une voiture, dans laquelle se trouvaient des jeunes gens, prétendument en état d’ivresse. La voiture était conduite par Aï Mergen Anzat, 17 ans, lycéen. Cinq autres personnes se trouvaient avec lui dans la voiture. Face aux exigences des miliciens qui lui demandaient de sortir de la voiture et de présenter son permis de conduire, le jeune homme a fait marche arrière. L’inspecteur s’est alors saisi de son arme de service et a couru vers la voiture. Le véhicule, après avoir roulé sur 20 mètres, s’est arrêté, cependant l’inspecteur n’a pas rangé son arme. Il a attrapé le conducteur par ses vêtements à travers la vitre latérale et a tiré.

La balle, traversant le cou du jeune homme de part en part, est arrivée dans le ventre d’une jeune fille de 17 ans assise à l’arrière. Le jeune homme est décédé et la jeune fille a été gravement blessée.

  • Un article d’Olessia Beloborodova à lire en intégralité (en russe) dans le quotidien Vzgliad
  • Sélectionné et traduit par Julia Breen