Une sélection d’articles extraits de la presse russe traduits en français pour Le Courrier de Russie
Série : le meilleur poème
Les Russes ne croient pas que la « police » sera meilleure que la « milice », et proposent de la nommer « inquisition »
57 % des Russes se sont exprimés contre l’idée du président Dmitriï Medvedev de renommer la milice en police dans un sondage réalisé par le portail Superjob.ru. La majorité des adversaires de cette proposition sont certains que le changement d’appellation de la structure en question ne règlera pas ses problèmes. Seuls 22 % des sondés sont d’accord avec Medvedev sur le fait que renommer la milice en police constitue « une transition depuis le système soviétique vers un système contemporain, honnête et capable d’agir ».
7 % des sondés ont soumis leurs propres propositions d’appellations : « Gendarmerie », « Inquisition » et « Glavkomnadzor » (commandement général de surveillance, ndt). 14 % des personnes interrogées se sont déclarées sans opinion. Beaucoup d’entre elles ont des doutes sur la nécessité d’un changement de nom, certains évoquant le coût important de cette mesure, les autres soulignant que « la question n’est pas celle du nom, mais celle des devoirs et des droits de cette structure. »
À la question « Pensez-vous que le fait de renommer la milice en police changera quelque chose ? », 85 % des personnes interrogées ont répondu en exprimant la certitude qu’un nouveau nom n’apporterait aucun changement. Seuls 7 % des sondés pensent qu’avec une nouvelle appellation, la structure sera plus efficace. Mais ces derniers précisent également que cela ne sera possible qu’à la condition « que le changement de nom soit accompagné d’une réorganisation interne » et « que soient introduites des règles strictes de sélection des candidats ».
Superjob.ru a interrogé 1800 personnes de plus de 18 ans, économiquement actives, dans toutes les régions de Russie.
« Que signifie un nom ? Une rose sent la rose,
qu’elle s’appelle rose ou non.
Si « policier » sonne plus sérieusement
Il s’agira toujours du flic russe ordinaire.
Mais, peut-être, ceux qui enfreignent la loi,
Apprenant combien le jugement du policier est sévère,
Ne proposeront-ils plus leurs pots-de-vin en roubles,
Mais lui apporteront des dollars ou des euros ? »
Elena Kovaleva
Si vous n’avez toujours pas entendu parler du projet « Poème pour l’occasion », vous pouvez obtenir rapidement des informations ici, et il est possible de participer sur le site du projet (en russe).
- Un article à lire (en russe) sur le site Polit.ru
« La vie là-bas n’était pas rose, même avant les incendies »
Dmitriï Medvedev a envoyé les oligarques dans les villages incendiés
Lundi, le président Dmitriï Medvedev a proposé aux directeurs et actionnaires des grandes entreprises nationales d’apporter leur contribution à la reconstruction des lieux d’habitations incendiés, ainsi qu’à l’aide de leurs habitants. Le président a proposé d’apporter de l’aide non par l’intermédiaire de fonds quelconques, mais directement. Les représentants du grand business n’ont pas refusé.

Le président Medvedev a reçu dans sa résidence de Sotchi les sept présidents des plus grosses entreprises du pays : les présidents d’Evraz Invest et Interros Alexandr Abramov et Vladimir Potanine, les directeurs généraux de Sourgoutneftegaz, Bazovyi Element et Severstal Vladimir Bogdanov, Oleg Deripaska et Alexeï Modrashov, le président du conseil des directeurs de la corporation AFK System Vladimir Evtoushenkov et le directeur de la gestion de la SA Novatek, Leonid Mikhelson.
Monsieur Medvedev a expliqué à ses invités qu’il souhaitait leur demander conseil sur « la façon dont les représentants du monde des affaires pourraient participer à réparer les conséquences de ce qui est arrivé ». Il a rappelé que l’État fournirait aux citoyens une compensation pour la reconstruction des logements ainsi qu’une aide aux familles des victimes, et que l’argent « serait distribué, comme on dit, jusqu’au dernier rouble ». Les grands patrons, pour le président, peuvent apporter une aide complémentaire, mais pas par l’intermédiaire de fonds existants auxquels, selon lui, les représentants du grand business contribuent déjà financièrement. « Il est plutôt question du fait que ces lieux d’habitation, principalement des villages, qui se sont retrouvés dans une situation si difficile, soient reconstruits, mais, disons, sur d’autres bases, a précisé le président. Pour parler clairement, la vie là-bas n’était pas rose, même avant les incendies. C’étaient, dans l’ensemble, des lieux de vie défavorisés, des constructions vétustes, en bois, sans conditions de confort. » Pour le président, « il faut rendre la vie dans ces lieux plus attirante. (…) Il s’agit d’une initiative sociale, qui, à mon sens, est d’une extrême importance. Et elle nous concerne tous. », a conclu le président, avant d’inviter les grands patrons à exposer la façon dont ils envisageaient leur rôle dans cette entreprise.
Vladimir Evtoushenkov a souligné que sa société proposait déjà de l’aide aux victimes des incendies dans l’oblast de Nijegorod. Notamment, près de 50 certificats donnant le droit à l’obtention d’un logement gratuit seront donnés aux personnes sinistrées. L’entreprise prévoit d’assigner à ces fins 10 à 20 millions de dollars. « C’est louable, a acquiescé le président Medvedev, avant de répéter : il faut proposer des logements d’un niveau de qualité supérieure. » M. Evtoushenkov a assuré qu’il en serait ainsi, et a promis de construire également une clinique pour les personnes sinistrées.
« Nous nous demandions comment nous pouvions apporter notre aide dans cette situation sans prendre la place de l’État », a déclaré Vladimir Potanine, montrant qu’il comprenait l’idée du président. Il a indiqué que sa société avait déjà endossé le parrainage du raïon de Konakov, où l’on prévoit d’irriguer les tourbières. « Il me semble que la tâche du business est d’intervenir dans une approche complexe. Et à Konakov se pose le problème de l’irrigation des tourbières, du relogement de la population, de son adaptation, a expliqué Monsieur Potanine, en ajoutant : nous voudrions prendre la responsabilité de ces travaux, afin de les poursuivre de façon systématique sur plusieurs années, dans une perspective de prévention pour l’avenir. » Il a ensuite proposé de soutenir les mouvements de volontaires, et non seulement, du reste, dans le cadre de situations d’urgence. Pour Potanine, cela pourrait se faire sous l’égide du président ou de la Chambre civile, notamment par le biais de subventions. « Les uns ont besoin de technologies, les autres d’argent. Je suis prêt a apporter ma contribution », a-t-il précisé. Dmitriï Medvedev a soutenu l’idée et observé que des volontaires seraient nécessaires au cours de la préparation et du déroulement des Jeux olympiques de 2014 à Sotchi.
Leonid Mikhelson a indiqué que les actionnaires de SA Novatek avaient pris la décision d’apporter leur aide et de construire 25 immeubles en république de Mordovie, ainsi que des bâtiments d’utilité sociale. « Le contrat est signé, les livraisons de fournitures vont commencer », a-t-il assuré. Dmitriï Medvedev a acquiescé en signe d’approbation.
Oleg Deripaska, assis en face de Vladimir Potanine et essayant de ne pas le regarder, a rapporté que, parallèlement, sa société prévoyait de construire pour la mi-novembre 200 logements dans l’oblast de Nijegorod et en Mordovie, et qu’elle avait aussi l’intention d’aider les habitants de tout petits villages, ne comptant que quelques maisons, qui avaient entièrement brûlé mais que leurs habitants ne voulaient pas quitter. « Nos collaborateurs ont endossé le patronage de ces villages », a-t-il conclu. « Le terme est exact, s’est amusé le président. Un peu soviétique, mais exact. » Développant l’idée, Medvedev a proposé qu’un tel patronage puisse aboutir à la création d’entreprises-sponsors et d’emplois ouvriers dans ces villages. Ensuite, le président a déclaré que ces informations étaient « suffisantes pour les media » et que, sans la presse, « la discussion continuerait sur l’organisation concrète du processus ».
- Un article d’Irina Granik, à Sotchi, à lire (en russe) dans le quotidien Kommersant.
- Articles sélectionnés et traduits par Julia Breen
