
Barack Obama vient de passer le cap de sa première année dans le fauteuil de président des États-Unis d’Amérique. Si le monde ne regrette en rien l’ancien locataire, le nouveau n’a pas encore totalement convaincu. Certes, son prédécesseur lui a légué un champ de ruines, une économie en crise, deux guerres qu’il ne fallait pas faire, et un déficit d’image abyssal à l’international. Sur le plan diplomatique, la nouvelle administration a commencé de s’occuper des problèmes périphériques, ayant compris que la position du seul contre tous n’était plus tenable. La Russie en a tiré quelque fruit, comme la fin des programmes d’installation de missiles et de radars dans sa zone d’influence. À court terme encore, il est fort peu probable que la nouvelle administration se mouille pour sauver du naufrage ses anciens amis de la révolution orange à Kiev, même si l’élection de Victor Iunakovitch constituerait un sérieux revers à la politique américaine de ces dernières années et un sacré rééquilibrage de la région. Saakachvili risque de se retrouver bien isolé. Il pourra toujours se consoler en regardant le film que ses amis d’Hollywood sont en train de tourner sur la guerre russogéorgienne de l’année passée. Son rôle y est tenu par Andy Garcia, ex-Parrain III ultra coké… Au moins, le casting est bon. Plus généralement, les États-Unis ne se sont pas renforcés diplomatiquement durant cette année. Aucun progrès notable n’a été enregistré au Moyen-Orient, et la bourde d’Hillary Clinton au Caire ne va pas faciliter les choses. L’Iran continue de tenir tête à la communauté internationale et aucun consensus ne se dessine sur la position à adopter. L’élection non légitime d’Hamid Karzaï va compliquer la tâche de la coalition et de l’OTAN, d’autant que la cohésion de ces derniers tend à se fissurer. Dernier point, plus symbolique mais qui a son importance : la décision de la justice italienne de condamner à des peines de prison ferme les agents de la CIA impliqués dans l’affaire de kidnapping et de torture de terroristes présumés sur le sol italien. À Langley et au Pentagone, beaucoup se plaignent de ce que la nouvelle administration a mis l’Amérique dans une position de faiblesse telle qu’elle ne lui permet plus de protéger ses hommes, même chez ses alliés européens. Pour rassurer ces messieurs, je leur rappellerai tout de même que la justice de l’oncle Sam a encore le bras long. Le pauvre Roman Polanski a certainement payé les frais d’un marchandage entre le Trésor américain, le département de la justice et l’UBS. Pour clore ce chapitre des relations Europe-États-Unis, la publication d’un rapport de l’European Council on Foreign Relations, centre de recherche européen lié a Soros, met en lumiere les relations « infantiles, fétichistes, et nourries d’illusions » des Européens a l’égard des États-Unis. En bref, ces derniers persistent à croire que les intérêts des Américains et les leurs coïncident, alors que l’Amérique, depuis toujours, veille exclusivement sur ses intérêts propres.
