L’entrée de la Russie à l’OMC ne se fera pas sans la Biélorussie et le Kazakhstan

La Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan veulent adhérer à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) en tant qu’entité douanière unique et non plus individuellement, a annoncé mardi Vladimir Poutine. Un tournant dans l’histoire houleuse de l’adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce de la seule grande puissance économique qui n’y est pas encore.

Mardi 9 juin, le Premier ministre a réuni à l’hotel Président ses homologues de la Communauté Economique Eurasiatique (EurAsEc). Au bilan de la rencontre, les chefs de gouvernement de Russie, Biélorussie et du Kazakhstan ont décidé de mettre en place une union douanière entre les trois pays. Projet discuté depuis 2006 incluant initialement l’Ukraine, il avait pour objectif la création d’un régime unique de commerce entre les pays de la CEI et des pays tiers.

Les trois pays vont donc « informer l’OMC de l’intention de la future union douanière russo-kazakho-biélorusse de commencer des négociations sur l’adhésion à l’OMC en tant que territoire douanier uni », a indiqué Vladimir Poutine. Ainsi, ils souhaitent instaurer des « droits de douane unifiés » au 1er janvier 2010 et finir toutes les procédures pour la « formation d’un territoire douanier uni d’ici le 1er juillet 2011 », a-t-il ajouté.

16 ans déjà que la Russie mène des négociations d’adhésion à l’OMC. Suspendus avec les événements géorgiens d’août dernier, le forum de Saint-Pétersbourg a semble-t-il remis en marche les pourparlers. En marge du « Davos » russe qui a réuni les 6 et 7 juin l’élite du monde des affaires de différents pays, la commissaire européenne au Commerce Catherine Ashton a rencontré la ministre russe de l’Economie Elvira Nabioullina et s’est félicitée de son engagement. « Nous avons l’impression que nous parviendrons bientôt à des ententes avec l’UE. Nous comptons achever les négociations avant la fin de l’année », a déclaré Mme Nabioullina.

Si l’adhésion de la Russie à l’OMC paraît indispensable dans le contexte de mondialisation, les déclarations du Premier ministre risquent cependant de compliquer un processus de négociation déjà fort délicat.

  • Aurore Charbonneau

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>