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Le Russe AvtoVAZ renoue avec Fiat

Près de 40 ans après que Fiat a aidé l’URSS à mettre au point les célèbres voitures Lada, le groupe AvtoVAZ, qui continue à les produire, revient vers les Italiens. C’est une question de survie pour le groupe russe, dont les parts de marché fondent devant la concurrence étrangère. Mardi 19 juin, le président d’AvtoVAZ […]


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Près de 40 ans après que Fiat a aidé l’URSS à mettre au point les célèbres voitures Lada, le groupe AvtoVAZ, qui continue à les produire, revient vers les Italiens. C’est une question de survie pour le groupe russe, dont les parts de marché fondent devant la concurrence étrangère.

Mardi 19 juin, le président d’AvtoVAZ Sergueï Tchemezov a indiqué que le constructeur pourrait signer un accord avec Fiat. Selon les quotidiens Vedomosti et Kommersant, AvtoVAZ va acheter des équipements de production et une licence pour assembler des modèles de classe A. L’objectif est de mettre sur le marché un modèle dont le prix de vente au détail serait de 5000 euros. Le constructeur prévoit d’atteindre une production annuelle de 100 à 150 000 unités. AvtoVAZ négocie également avec Fiat le développement d’un nouveau modèle de classe B, qui pourrait être basé sur le modèle de la Panda, qui est commercialisé autour de 13 000 dollars en Russie. Enfin, les deux constructeurs comptent former une coentreprise à parts égales pour la fabrication de moteurs 1,4 et 2,2 litres.

Ces projets sont estimés par les experts à 2 milliards de dollars et financés en grande partie par l’Etat russe qui, sans détenir la majorité au capital, prend dans les faits toutes les décisions à travers le holding d’Etat militaro-industriel RosOboronExport, qui est également dirigé par Sergueï Tchemezov. Les experts estiment que le constructeur russe, qui a accumulé un énorme retard technologique sur ses concurrents étrangers, n’a aucune chance de survivre sans s’associer avec un grand constructeur international.

« Si l’accord fonctionne (et il faut noter qu’il n’a pas encore été signé), ce sera très positif pour AvtoVAZ », estime Elena Sakhnova, analyste chez Deutsche bank à Moscou. « Non seulement cela exposerait le constructeur au segment très dynamique des voitures étrangères assemblées localement, ce qui augmentera les revenus et profits, mais en outre cela offrirait à AvtoVAZ une plateforme étrangère de qualité ».

Si l’accord se concrétise, ce serait un gros revers pour Renault qui négocie depuis plusieurs mois un accord de partenariat stratégique avec AvtoVAZ, incluant une prise de participation de 25% au capital du constructeur russe.
En 2006, AvtoVAZ a produit 765 627 automobiles, dont 724 000 ont été vendues pour un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros et 143 millions d’euros de bénéfice net. En chiffres absolus, les ventes se maintiennent – c’est-à-dire qu’elles stagnent – tandis que les ventes de voitures étrangères s’envolent. Elles ont grimpé de 74 % au 1er trimestre 2007, un record absolu avec 295 469 voitures vendues. RosOboronExport, associé avec la banque d’affaires Troïka dialog, travaille à consolider une part de 75 % plus une action dans AvtoVAZ.

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